Tel est l’exposé détaillé de ses propos.
Le but est de réfuter l’allégation (1) selon laquelle ces animaux d’espèces différentes se féconderaient entre eux, au bord des points d’eau, et qu’il en résulterait la girafe ; une affirmation mensongère à la fois à son sujet et à propos de l’acte créateur.
La preuve de ce mensonge est que le produit issu — parmi les couples que nous avons cités : cheval et âne, loup et hyène, mouton et chèvre — ne présente pas un membre distinctement pris chez chacun de ses deux parents, comme on le prétend pour la girafe qui posséderait, dit-on, un membre hérité du cheval et un autre du chameau. L’engendré apparaît plutôt comme un intermédiaire, un mélange des deux, exactement comme nous l’observons chez le mulet : sa tête, ses oreilles, sa croupe (2) et ses sabots occupent un juste milieu entre ceux de son père et de sa mère, dont ils sont dérivés ; même son shāhīj (3) — son brai — est un composé du ṣahīl (hennissement) du cheval et du nahīq (bray) de l’âne.
Cela montre donc que la girafe n’est pas le fruit de parents dissemblables, contrairement à ce que soutient cet auteur, mais qu’elle relève d’une création étonnante et d’une fabrique merveilleuse, œuvre d’Allah qui l’a produite comme signe et preuve de Sa puissance et de Sa sagesse, que rien ne saurait entraver. Il veut ainsi montrer à Ses serviteurs qu’Il est le Créateur de toutes les espèces animales comme Il le veut, sous la forme (4) qu’Il veut et dans la couleur qu’Il veut ; certaines présentent une constitution homogène et des membres proportionnés, d’autres se distinguent par une structure, une figure et une apparence dissemblables.
De même, Il a manifesté à Ses serviteurs Sa puissance absolue en faisant apparaître, dans l’espèce humaine, les quatre modalités qui attestent que l’homme est une créature soumise à Sa puissance et à Sa volonté :