Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Les dispositions juridiques afférentes à ces animaux hybrides sont traitées dans les chapitres consacrés à la zakât, à l’indemnisation de la chasse, aux bêtes sacrificielles et aux règles alimentaires (1). Dans chacun de ces domaines, on retient généralement l’opinion la plus prudente (2) : pour les bêtes sacrificielles, on privilégie l’invalidité ; pour l’iḥrâm et le territoire sacré, on opte pour l’obligation d’indemniser ; pour l’alimentation, on fait prévaloir l’interdiction ; quant à la zakât, la divergence d’opinion est bien connue (3).

Notre maître Abû al-ʿAbbâs Ibn Taymiyya — que Dieu sanctifie son âme — fut interrogé à propos d’un âne qui avait sailli une jument et l’avait rendue gestante : le lait de cette jument est-il licite ou illicite ?

Il répondit qu’il est licite (4). En l’espèce, le mâle n’a aucune incidence juridique sur le lait, contrairement au cas humain ; car le lait de la jument est produit à partir du fourrage, si bien qu’il relève du même statut que sa chair. La saillie du mâle ne se transmet pas à ce lait : aucune sacralité n’y circule, à la différence du lait humain, par lequel l’allaitement établit une interdiction de parenté. Ici, aucune sacralité ne se diffuse du mâle, si ce n’est vers le seul petit — engendré de lui et de la mère — pour lequel l’interdiction l’emporte. Quant au lait, il n’est pas issu de l’acte de reproduction, mais bien de l’alimentation (6) ; il n’est donc pas illicite.

(1) Les manuscrits de base portent «et ce qui est plus prudent», mais c’est une erreur, comme le montre la cohérence du passage et l’ensemble des ouvrages de fiqh. (2) La formulation est défectueuse dans les manuscrits H et N. (3) Voir : Ibn Qudâma, al-Mughnî, vol. 5, p. 399 ; vol. 13, p. 319 et 368. (4) Autrement dit, l’autorisation n’est valable que sous cet aspect et tant que la boisson n’est pas enivrante. La version fermentée, boisson réputée à l’époque mamelouke sous le nom de qimiz, est illicite. Cf. : Ibn Battûta, Rihla, t. 1, p. 220 ; Nihâyat al-arab, t. 27, p. 231 ; Ibn Taymiyya, Jâmiʿ al-masâʾil, t. 4, p. 344, et Majmûʿ al-fatâwâ, t. 34, p. 193 ; Ibn Qutayba, al-Ashriba, p. 129. (5) Les manuscrits H et N lisent «là-bas». (6) Les manuscrits H, T et N lisent «yakûn» («soit»).
والأحكامُ المتعلقةُ بهذه المتولِّدات تُذْكَرُ في الزَّكاة وجزاء الصَّيد والأضاحي والأطعمة (١)، فيغلَّبُ في كلِّ بابٍ الأحوط (٢)؛ ففي الأضاحي يغلَّبُ عدمُ الإجزاء، وفي الإحرام والحَرَم يغلَّبُ وجوبُ الجزاء، وفي الأطعمة يغلَّبُ جانبُ التحريم، وفي الزَّكاة اختلافٌ مشهور (٣). وسئل شيخنا أبو العبَّاس ابنُ تيميَّة ــ قدَّس الله روحه ــ عن حمارٍ نَزَا على فَرسٍ فأحبَلها، فهل يكونُ لبنُ الفَرس حلالًا أو حرامًا؟ فأجاب بأنه حلال (٤)، ولا حكمَ للفحل في اللَّبن في هذا الموضع، بخلاف الأناسيِّ؛ لأنَّ لبنَ الفَرس حادثٌ من العلَف فهو تابعٌ لِلَحْمِها، ولم يَسْرِ وطءُ الفحل إلى هذا اللبن؛ فإنه لا حُرمة هناك تنتشر، بخلاف لبن الفحل في الأناسيِّ فإنه تنتشرُ به حُرمةُ الرَّضاع، ولا حُرمة هاهنا (٥) تنتشرُ من جهة الفحل إلا إلى الولد خاصَّة؛ فإنه يتكوَّنُ منه ومن الأمِّ، فغُلِّب عليه التحريم، وأمَّا اللبنُ فلم يتكوَّن بوطئه وإنما تكوَّن (٦) من العلَف، فلم يكن حرامًا.
(١) في الأصول: «والأحوط». وهو خطأ، بدلالة اللحاق، وواقع مدونات الفقه. (٢) العبارة مضطربة في (ح، ن). (٣) انظر: «المغني» (٥/ ٣٩٩، ١٣/ ٣١٩، ٣٦٨). (٤) أي: من هذه الجهة. وذلك ما لم يُسْكِر. أما المسكر منه ــ وهو شرابٌ مشهورٌ في عهد المماليك، يسمى: القِمِزُّ، انظر: «رحلة ابن بطوطة» (١/ ٢٢٠)، و «نهاية الأرب» (٢٧/ ٢٣١) ــ فحرام. انظر: «جامع المسائل» (٤/ ٣٤٤)، و «مجموع الفتاوى» (٣٤/ ١٩٣)، و «الأشربة» لابن قتيبة (١٢٩). (٥) (ح، ن): «هناك». (٦) (ح، ت، ن): «يكون».

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