Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ils ajoutent encore que, lorsque les diverses espèces de bêtes terrestres viennent s’abreuver, certaines chevauchent les autres : les sauvages montent les domestiques, et il naîtrait ainsi une créature hybride, ramassant des traits empruntés à des espèces multiples (1).

Pour ma part, je ne vois dans cette affirmation qu’un mensonge porté contre elle et contre l’ordre même de la création (2). En effet, aucune espèce animale n’en féconde une autre : le chameau n’insémine pas la vache, le taureau n’insémine pas la chamelle, le cheval ne la féconde pas et elle ne le féconde pas non plus ; les bêtes sauvages ne se croisent pas entre elles, pas plus que les oiseaux. Ce phénomène n’apparaît, et encore rarement, qu’entre espèces très proches : le bovin sauvage avec le domestique, le mouton (3) avec la chèvre, le cheval avec l’âne, le loup avec la hyène ; il en résulte alors le mulet, le simʿ et l’ʿisbar (4).

Quant à la question soulevée par les juristes : « L’aumône légale (zakât) est-elle due sur un animal issu du croisement entre une bête sauvage et une domestique ? Il existe deux avis à ce sujet » (5), elle ne se conçoit que pour un, deux ou trois sujets complétant ainsi le nisâb (seuil imposable). Un cheptel entier composé uniquement d’animaux hybrides issus du sauvage et du domestique n’existe tout simplement pas (6).

(1) Voir : Kitab al-Hayawan, t. 1, p. 142 et 151, t. 7, p. 241-243 ; Muruj adh-dhahab, t. 2, p. 111 ; Wafayat al-aʿyan, t. 4, p. 400 ; ʿAjaʾib al-makhluqat, p. 248 ; Hayat al-hayawan, t. 2, p. 481. (2) Al-Jahiz rejette lui aussi cette affirmation. (3) Manuscrit D : « et la hyène ». Note marginale : « peut-être : et le mouton ». (4) Le simʿ est le petit issu d’un loup et d’une hyène ; lʿisbar, celui d’une hyène et d’un loup ; le mulet provient d’un cheval et d’un âne. Voir : al-Jahiz, Kitab al-Bighal, t. 2, p. 298 (Rasail). (5) Voir : al-Mughni, t. 4, p. 35. (6) Les copies de base portent : « kull mutawallad » (tout hybride), leçon fautive.
وذكروا أنَّ أصنافها من حيوان البرِّ إذا وَرَدَت الماءَ ينزو بعضُها على بعض، فتنزو المستوحشةُ على السَّائمة؛ فتُنتِجُ مثل هذا الشخص الذي هو كالمُلْتقَط من أناسٍ شتَّى (١). وما أرى هذا القائل إلا كاذبًا عليها وعلى الخِلْقة (٢)؛ إذ ليس في الحيوان صنفٌ يَلْقَحُ صنفًا آخر، فلا الجملُ يلقحُ البقر، ولا الثَّورُ يلقحُ النَّاقة، ولا الفرسُ يلقحُها ولا يلقحانه، ولا الوحوشُ يلقحُ بعضُها بعضًا، ولا الطُّيور، وإنما يقعُ هذا نادرًا فيما يتقارب، كالبقر الوحشيِّ والأهليِّ، والضَّأن (٣) والمَعْز، والفَرس والحمار، والذِّئب والضَّبُع؛ فيتولَّدُ من ذلك: البغلُ، والسِّمْع، والعِسْبار (٤). وقولُ الفقهاء: «هل تجبُ الزَّكاةُ في المتولِّد من الوحشيِّ والأهليِّ؟ فيه وجهان» (٥)؛ هذا إنما يُتَصوَّرُ في واحدٍ أو اثنين أو ثلاثةٍ يَكْمُلُ بها النِّصاب، فأمَّا نصابٌ كلُّه متولِّدٌ (٦) من الوحشيِّ والأهليِّ فلا وجود لذلك.
(١) انظر: «الحيوان» (١/ ١٤٢، ١٥١، ٧/ ٢٤١ ــ ٢٤٣)، و «مروج الذهب» (٢/ ١١١)، و «وفيات الأعيان» (٤/ ٤٠٠)، و «عجائب المخلوقات» (٢٤٨)، و «حياة الحيوان» (٢/ ٤٨١). (٢) وكذَّب الجاحظُ ذلك أيضًا. (٣) (د): «والضبع». وفي الطرَّة: «لعلها: والضأن». (٤) السِّمْع: ولد الذئب من الضبع. والعِسْبار: ولد الضبع من الذئب. والبغل: متولِّد من الفرس والحمار، وانظر: كتاب «البغال» للجاحظ (٢/ ٢٩٨ ــ رسائله). (٥) انظر: «المغني» (٤/ ٣٥). (٦) في الأصول: «كل متولد». وهو تحريف.

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