Il se peut encore que la queue recèle d’autres sagesses que l’intelligence des créatures ne parvient pas à saisir, ou que l’auditeur mépriserait si on les lui exposait ; on n’en découvre en effet toute la portée qu’au moment où le besoin s’en fait sentir. Ainsi, lorsque la bête s’embourbe (1) dans la boue, rien ne lui vient en aide pour la tirer de là autant que de la saisir par la queue.
Section (2)
Considère ensuite la trompe de l’éléphant et les étonnantes sagesses qu’elle renferme : elle lui tient lieu de main pour cueillir fourrage ou eau et les introduire (3) dans son ventre. Sans elle, il lui serait impossible de prendre quoi que ce soit au sol, car il ne possède pas une nuque qu’il puisse allonger (4) comme les autres bêtes domestiques. Privé de cou, il a donc reçu, à la place, cette longue trompe qui en remplit la fonction ; on l’a rendu capable de la laisser pendre, de la lever, de la plier et d’en user à sa guise. On l’a façonnée telle un récipient creux, au toucher souple : par elle il saisit ce dont il a besoin, envoie vers son estomac ce qu’il veut, y retient (5) ce qu’il désire, s’en sert pour attaquer si bon lui semble, donne ou prend quand il le souhaite.
Interroge donc le négateur : qui, sinon le Très-Clément, le Très-Miséricordieux envers Ses créatures, Celui qui garantit leurs intérêts et Se montre plein de douceur pour eux, l’a doté, en compensation de l’organe qui lui manquait, d’un substitut accomplissant la même fonction ? Comment cela serait-il possible si tout était livré au hasard, si le monde était dépourvu de son Gardien, de son Créateur, de son Innovateur et de son Façonneur ? Nul n’est digne d’adoration en dehors de Lui, le Tout-Puissant, le Sage.