Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et lorsque Suhayl ibn ʿAmr se présenta à eux le jour de Ḥudaybiyya, il déclara : « Votre affaire vient d’être facilitée. » (1) Lorsqu’il voulut changer le nom de Ḥazn en Sahl (2), celui-ci répondit : « Le sens de ce nom est resté attaché à lui et à sa descendance. » (3) Et lorsque ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb interrogea un homme sur son nom, celui de son père, son quartier et sa demeure, et que l’homme lui dit qu’il s’appelait Jamra ibn Shihâb, que sa maison se trouvait dans la ḥarra (4) et que son logis, à l’intérieur, se nommait Dhât Laẓâ, ʿUmar lui dit : « Cours rattraper ta demeure, elle vient de brûler. » Les faits confirmèrent sa prévision. (5)

Les témoignages relatifs à cette question sont trop nombreux pour être rapportés ici ; c’est un domaine d’une subtilité exquise où l’adéquation entre les noms et ceux qu’ils désignent est des plus étroites. (6)

Depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, les gens se sont souvent passionnés pour le croassement du corbeau, y voyant l’augure d’un départ ou d’un exil (7). Ils l’associent au mauvais présage ; ils le fuient et il les fuit, si bien que

(1) Al-Bukhari le rapporte (n° 2731) sous forme mursal dans le long ḥadith de l’accord de Hudaybiyya. Ibn Ḥajar précise dans Fatḥ al-Bârî (5/342) : « Il est mursal et je n’ai pas trouvé de chaîne le reliant avec la mention d’Ibn ʿAbbâs, mais on en possède un témoignage maṣlûl (chaîne continue)… ». (2) Ḥazn refusa en déclarant : « Je ne changerai pas un nom que mon père m’a donné », comme le rapporte le ḥadith. (3) Il s’agit de Saʿîd b. al-Musayyib b. Ḥazn. Le ḥadith se trouve chez al-Bukhari (n° 6910) avec les mots : « Depuis, la ḥuzûna (rudesse) est restée parmi nous ». (4) Les manuscrits portent « bil-ḥarqa », lecture fautive ; le récit exact sera cité p. 1492. (5) Malik l’a transmis dans al-Muwaṭṭaʾ (n° 2790) avec une chaîne interrompue. Maʿmar l’a également rapporté dans al-Jâmiʿ (11/43) par une autre voie comportant un narrateur anonyme. D’autres chaînes existent ; cf. al-Iṣâba 1/539 et le commentaire d’Ibn ʿAbd al-Barr dans al-Istidhkâr 27/236. (6) Voir : Zâd al-Maʿâd 2/236-240 et Tuḥfat al-Mawdûd, p. 55 et 122. (7) Voir : al-Ḥayawân 2/315 et 3/431-443 ; Thimâr al-Qulûb 2/671 ; al-Jalîs wa-l-Anîs 2/139, etc.
جاءهم سُهيلُ بن عمرو يوم الحديبية قال: «قد سَهُل لكم من أمركم» (١)، ولما أراد تغييرَ اسم حَزْنٍ بسَهْل (٢)، قال (٣): «لم يَزَل معنى اسمه فيه وفي ذريَّته»، ولما سأل عمرُ بن الخطَّاب الرجلَ عن اسمه واسم أبيه وداره ومنزله فأخبَره أنه جمرةُ بن شهاب، وأنَّ داره بالحَرَّة (٤)، وأنَّ مسكنَه منها ذاتُ لظى، قال له: «أدرِكْ بيتَك فقد احتَرق»؛ فكان كما قال (٥). وشواهدُ هذا الباب أكثرُ من أن تُذْكَر هاهنا، وهو بابٌ لطيفُ المنزع، شديدُ المناسبة بين الأسماء والمسمَّيات (٦). وكثيرًا ما أُولِعَ النَّاسُ قديمًا وحديثًا بنَعِيق الغراب، واستدلالهم به على البَيْن والاغتراب (٧)، وينسبونها إلى الشُّؤم، ويَنْفِرون منها وتَنْفِر منهم؛ فكان
(١) أخرجه البخاري (٢٧٣١) مرسلًا ضمن حديث صلح الحديبية الطويل. وقال ابن حجر في «الفتح» (٥/ ٣٤٢): «وهو مرسل، ولم أقف على من وصله بذكر ابن عباسٍ فيه، لكن له شاهد موصول ... ». (٢) فأبى حَزْنٌ، وقال: «لا أغيِّر اسمًا سمَّانيه أبي». كما في الحديث. (٣) أي: سعيد بن المسيب بن حَزْن. والحديث في البخاري (٦٩١٠) بلفظ: «فما زالت الحُزونةُ فينا بعد». (٤) في الأصول: «بالحرقة». تحريف. وسيأتي الخبر (ص ١٤٩٢). (٥) أخرجه مالك في «الموطأ» (٢٧٩٠) بإسنادٍ منقطع. وأخرجه معمر في «الجامع» (١١/ ٤٣) من وجهٍ آخر، وفيه راوٍ لم يسمَّ. وروي من وجوه أخرى. انظر: «الإصابة» (١/ ٥٣٩). وانظر تعليق ابن عبد البر على الأثر في «الاستذكار» (٢٧/ ٢٣٦). (٦) انظر: «زاد المعاد» (٢/ ٢٣٦ - ٢٤٠)، و «تحفة المودود» (٥٥، ١٢٢). (٧) انظر: «الحيوان» (٢/ ٣١٥، ٣/ ٤٣١ - ٤٤٣)، و «ثمار القلوب» (٢/ ٦٧١)، و «الجليس والأنيس» (٢/ ١٣٩)، وغيرها.

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