Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et tantôt de matières animales, comme le wabar (duvet de chameau), la laine ou le poil ; d’autres fois du ver, telle la soie et l’ibrîsam (1) ; ou encore de minerais, comme l’or et l’argent. Ainsi, son habillement a été voulu multiple afin d’achever par lui son plaisir, sa joie, son allégresse et sa parure (2).

De même (3), la tenue des habitants du Paradis leur est extérieure, tout comme ici-bas ; elle n’est pas produite par leur propre corps, à la manière des animaux. Cela montre qu’une telle faveur est plus parfaite, plus noble et plus accomplie.

Parmi les sagesses visées se trouve encore la volonté de le distinguer de l’animal par son vêtement, comme il en a déjà été distingué par sa nourriture, son habitation, son élocution, sa raison et son intelligence.

S’y ajoute la diversité des habits, leur contraste selon la variété de ses situations et de ses métiers : la guerre ou la paix, le voyage ou la résidence, la santé ou la maladie, le sommeil ou l’éveil, l’aisance ou la difficulté (4). À chaque état correspond un vêtement particulier qui ne convient qu’à lui ; son habillement ne lui a donc pas été fixé en une seule pièce qu’il serait impossible de remplacer. Voilà l’une des marques d’honneur et de préférence qui lui sont accordées sur l’ensemble des créatures.

Section (5)

Considère ensuite cette étonnante faculté (6) accordée aux bêtes domestiques, aux animaux sauvages, aux fauves et aux montures,

(1) Il s’agit de la meilleure variété de soie ; le terme est arabisé. (2) Le manuscrit N porte « bihadha » (par cela) ; ce mot est absent du manuscrit T. (3) Les manuscrits D, Q et N lisent « walidhalik » (et pour cela). (4) Le manuscrit T lit « warafahatahu » (et son bien-être). (5) Référence : Dala’il wa l-I‘tibar, p. 30 ; Tawhid al-Mufaddal, p. 62-63. (6) Les manuscrits H et N donnent « hikma » (sagesse), tandis que R et D lisent par erreur « khilqa » (constitution).
الحيوان تارةً كالوَبَر والصُّوف والشَّعَر، ومن الدُّود تارةً كالحرير والإبرِيسَم (١)، ومن المعادن تارةً كالذَّهب والفضَّة، فجُعِلَت كسوتُه متنوِّعةً لتتمَّ لذَّتُه وسرورُه وابتهاجُه وزينتُه بها (٢). وكذلك (٣) كانت كسوةُ أهل الجنَّة منفصلةً عنهم، كما هي في الدُّنيا، ليست مخلوقةً من أجسامهم كالحيوان، فدلَّ على أنَّ ذلك أكملُ وأجلُّ وأبلغُ في النِّعمة. ومنها: إرادةُ تمييزه عن الحيوان في ملبسه كما مُيِّز عنه في مطعمه ومسكنه وبيانه وعقله وفهمه. ومنها: اختلافُ الكسوة واللباس وتبايُنه بحسب تبايُن أحواله وصنائعه، وحربه وسِلْمه، وظَعْنه وإقامته، وصحَّته ومرضه، ونومه ويقظته، ورفاهيَّته (٤)، فلكلِّ حالٍ من هذه الأحوالِ لباسٌ وكسوةٌ تخصُّها لا تليقُ إلا بها، فلم يجعل كسوتَه في هذه الأحوال كلِّها واحدةً لا سبيل إلى الاستبدال بها؛ فهذا من تكريمه وتفضيله على سائر الحيوان. فصل (٥) ثمَّ تأمَّل خَلَّةً (٦) عجيبةً جُعِلَت للبهائم والوحوش والسباع والدَّوابِّ،
(١) وهو أحسن الحرير. معرَّبة. (٢) (ن): «بهذا». وسقطت من (ت). (٣) (د، ق، ن): «ولذلك». (٤) (ت): «ورفاهته». (٥) «الدلائل والاعتبار» (٣٠)، «توحيد المفضل» (٦٢ - ٦٣). (٦) (ح، ن): «حكمة». (ر، ض): «خلقة»، خطأ.

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