Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

au point que l’on a dit que le principe même du cintrage des voûtes a été emprunté au dos des chameaux.

Réfléchis encore : lorsque le Créateur a allongé les jambes du chameau, Il a également allongé son cou afin qu’il puisse atteindre, tout en demeurant debout, l’herbe de son pâturage ; si son cou était court, cela lui serait impossible vu la longueur de ses membres. En outre, la longueur de ce cou sert de contre-poids (1) à la charge qu’il porte lorsqu’elle repose sur son dos, exactement comme le long bras du fléau d’une balance romaine (2). C’est même pourquoi l’on affirme que cette balance fut conçue (3) en s’inspirant de la morphologie du chameau, à cause de l’allongement de son cou et du poids considérable qu’il transporte. Ainsi le vois-tu tendre le cou dès qu’il soulève son fardeau, comme s’il l’équilibrait.

Section (4)

Songe ensuite à la sagesse qui veut que l’orifice génital de la femelle des bêtes de somme soit placé saillant à l’arrière, afin que le mâle puisse la couvrir ; s’il avait été disposé sous le ventre, comme c’est le cas pour la femme, le mâle n’aurait pu s’accoupler avec elle que dans la même position qu’avec une femme (5).

Les traités de zoologie rapportent toutefois que la vulve de la femelle de l’éléphant se trouve sous son ventre ; or, lorsque vient le moment de la saillie (6), elle se redresse, se relève et fait saillie vers le mâle, si bien qu’il peut l’honorer (7). Étant donc placée, chez la femelle éléphant, autrement que chez les autres bêtes, celle-ci a été dotée de cette particularité (8) propre à son espèce.

(1) Les manuscrits N et H lisent : « muwâziyan » (« parallèle »). (2) Il s’agit de la balance à long fléau ; terme arabisé. Cf. Lisân et Al-Mu‘jam al-Wasîṭ. (3) Les manuscrits Q, N et D portent : « min ». (4) Dalâ’il wa-l-I‘tibâr, p. 29 ; Tawḥîd al-Mufaḍḍal, p. 58-59. (5) Les manuscrits H et N lisent : « tujâmi‘u al-mar’a » (« il s’unit à la femme »). (6) Le manuscrit T lit : « fa-idhâ kâna fî waqt al-jimâ‘ fî al-ḍirâb » (« lorsque l’accouplement a lieu pendant la saillie »). (7) Voir Ḥayât al-Ḥayawân, t. 3, p. 430. (8) Les manuscrits H et T lisent : « al-khâṣiyya » (« la spécificité »).
قيل: إنَّ عَقْدَ الأقباء إنما أُخِذ من ظهور الإبل. وتأمَّل كيف لمَّا طوَّل قوائمَ البعير طوَّل عنقَه؛ ليتناول المرعى من قيام، فلو قَصُرَت عنقُه لم يمكنه ذلك مع طول قوائمه، وليكون أيضًا طولُ عنقه موازِنًا (١) للحِمْل على ظهره إذا استقلَّ به، كما ترى طولَ قَصَبة القَبَّان (٢)، حتى قيل: إنَّ القَبَّان إنما عُمِل على (٣) خِلْقة الجَمَل من طول عنقه وثِقَل ما يحملُه، ولهذا تراه يَمُدُّ عنقَه إذا استقلَّ بالحِمْل كأنه يوازنُه موازنة. فصل (٤) ثمَّ تأمَّل الحكمةَ في كون فَرْج الدَّابَّة جُعِل بارزًا من ورائها؛ ليتمكَّن الفحلُ من ضِرابها، ولو جُعِل في أسفل بطنها كما جُعِل للمرأة لم يتمكَّن الفحلُ من ضِرابها إلا على الوجه الذي تُجامَعُ به المرأة (٥). وقد ذُكِر في كتب الحيوان أنَّ فرجَ الفِيلَة في أسفل بطنِها، فإذا كان وقتُ الضِّراب (٦) ارتفعَ ونَشَزَ وبَرَز للفحل، فيتمكَّن من ضِرابها (٧)، فلمَّا جُعِل في الفِيلَة على خلاف ما هو في سائر البهائم خُصَّت بهذه الخاصَّة (٨) عنها
(١) (ن، ح): «موازيا». (٢) وهو الميزان ذو الذراع الطويلة. كلمةٌ معرَّبة. «اللسان»، و «المعجم الوسيط». (٣) (ق، ن، د): «من». (٤) «الدلائل والاعتبار» (٢٩)، «توحيد المفضل» (٥٨، ٥٩). (٥) (ح، ن): «تجامع المرأة». (٦) (ت): «فإذا كان في وقت الجماع في الضراب». (٧) انظر: «حياة الحيوان» (٣/ ٤٣٠). (٨) (ح، ت): «الخاصية».

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