de ses membres porteurs (1) et s’appuie sur l’autre ; ainsi, celui qui ne possède que deux membres porteurs en déplace un et prend appui sur l’autre, tandis que celui qui en a quatre en déplace deux et se repose sur les deux autres. Tout cela se fait en alternance ; car, s’il déplaçait simultanément les deux membres d’un même côté en s’appuyant sur les deux membres de l’autre côté, il ne garderait plus aucun contact avec le sol au moment où il soulèverait ses membres, et sa marche deviendrait un bondement comparable aux sauts de l’oiseau (2). Une telle démarche le blesserait et l’épuiserait en raison du poids de son corps, à la différence de l’oiseau. C’est d’ailleurs pourquoi, lorsqu’un homme marche ainsi ne fût-ce qu’un court instant, il s’éreinte et en souffre, contrairement à sa démarche naturelle pour laquelle il a été façonné (3).
La sagesse a donc décrété qu’il commence par lever la patte droite de devant avec la patte gauche de derrière, laissant au sol la patte gauche de devant et la patte droite de derrière, puis qu’il déplace ensuite l’autre paire (4) de la même manière ; c’est là la façon de marcher la plus aisée et la moins pénible pour l’animal.
Section (5)
Réfléchis ensuite à la sagesse parfaite qui a fait des dos des bêtes de somme une surface plane (6), semblable à un toit posé sur les piliers que sont leurs membres porteurs ; ainsi l’on peut les monter aisément et la charge y demeure stable. Il en alla toutefois autrement pour le chameau : son dos fut rendu bombé, voûté comme une coupole (7), parce qu’il possède une force singulière et transporte de très lourdes charges ; or les voûtes supportent davantage que les toits plats, au point que