Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

C’est pourquoi (1) tu vois les oisillons de bien des espèces d’oiseaux – telle la poule, la perdrix et la caille (2) – marcher et picorer dès qu’ils sortent de l’œuf (3).

Quant à ceux qui peinent à se lever – tels les pigeonneaux et les jeunes colombes –, le Très-Haut a accordé à leurs mères un surcroît de tendresse (4), de compassion et de douceur : elles régurgitent la nourriture contenue dans leur jabot, l’y gardent en lieu sûr, puis la font passer de leur bec à la bouche des petits, et elles ne cessent d’agir ainsi (5) jusqu’à ce que l’oisillon se dresse et devienne autonome. Tout cela relève de la part et du lot de miséricorde qui leur est parvenue – une seule part sur cent (6).

Lorsque l’oisillon se suffit à lui-même et peut voler, les deux parents continuent de le former avec le plus grand soin et la plus exquise délicatesse jusqu’à ce qu’il s’élance hors du nid, se procure sa subsistance et se nourrisse là où ils se nourrissent. Alors on dirait qu’ils ne l’ont jamais connu, ni lui ne les a jamais reconnus (7) : ils le chassent du nid, ne lui laissent ni leur nourriture ni leur demeure, comme s’ils lui disaient dans un langage qu’il comprend : « Trouve-toi un nid et ta pitance ; chez nous tu n’as ni gîte ni pain ! »

Interroge donc le négateur : tout cela serait-il livré au pur laisser-aller ? Qui donc leur a inspiré ces comportements ? Qui a suscité en elles cette affection alors que leurs petits en avaient le plus grand besoin, puis la leur a retirée ?

(1) Les manuscrits ḥ, t, n et ḍ portent : « wa-kadhalika » (« de même »). (2) Ad-durrâj : oiseau proche de la qatâ, mais plus délicat ; al-qabj : la perdrix (Lisân). La mention « wa-l-qabj » manque dans les manuscrits ḥ et n. (3) Le manuscrit r lit : « lorsque les œufs se détachent d’elle » ; le manuscrit ḍ : « lorsque l’œuf se fend (éclot) ». (4) Manuscrits n et ḥ : « par Sa grâce, la tendresse ». (5) Manuscrit t : « et cela ne la quitte pas ». (6) Cf. le ḥadith d’Abû Hurayra chez al-Bukhârî (no 6000) et Muslim (no 2752). (7) Manuscrit t : « ils ne l’ont jamais reconnue ».
ولذلك (١) ترى فِراخَ كثيرٍ من الطَّير ــ كالدَّجاج، والدُّرَّاج، والقَبَج (٢) ــ يَدْرُجُ ويَلْقُطُ حين يخرجُ من البيضة (٣). وما كان منها ضعيفَ النُّهوض ــ كفِراخ الحمَام واليَمَام ــ أعطى سبحانه أمَّهاتها من فضل العطف (٤) والشَّفقة والحنان ما تَمُجُّ به الطُّعْمَ في أفواه الفِراخ من حَواصِلها؛ فتَخْبَؤه في أعزِّ مكانٍ منها، ثمَّ تَسُوقُه من فِيها إلى أفواه الفِراخ، ولا يزالُ بها كذلك (٥) حتى ينهض الفرخُ ويستقلَّ بنفسه، وذلك كلُّه من حظِّها وقَسْمِها الذي وَصَلَ إليها من الرَّحمة الواحدة من المئة (٦). فإذا استقلَّ بنفسه وأمْكَنه الطَّيرانُ لم يَزَل به الأبوان يعالجانه أتمَّ معالجةٍ وألطفَها حتى يطيرَ من وَكْرِه، ويسترزق لنفسه، ويأكل من حيثُ يأكلان، وكأنهما لم يعرفاهُ ولا عرفهما قطُّ (٧)، بل يطردانه عن الوَكْر ولا يدعانه وأقواتَهما وبيتَهما، بل يقولان له بلسانٍ يَفْهَمُه: اتَّخِذ لك وَكْرًا وقُوتًا، فلا وَكْر لك عندنا ولا قُوت! فسَلِ المعطِّل: أهذا كلُّه عن إهمال؟! ومن الذي ألهمها ذلك؟! ومن الذي عَطَّفها على الفِراخ وهي صغارٌ أحوجَ ما كانت إليها، ثمَّ سَلَبَ ذلك
(١) (ح، ت، ن، ض): «وكذلك». (٢) الدُّرَّاج: ضربٌ من الطير على خِلْقة القَطا إلا أنه ألطف. والقبج: الحَجَل. «اللسان». وسقط من (ح، ن): «والقبج». (٣) (ر): «حين ينقات عنها البيض». (ض): «حين تنقاب عنها البيضة». (٤) (ن، ح): «من فضله العطف». (٥) (ت): «ولا يزال بها ذلك». (٦) كما في حديث أبي هريرة عند البخاري (٦٠٠٠)، ومسلم (٢٧٥٢). (٧) (ت): «لم يعرفانها ولا عرفاه قط».

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