Méthode d’édition critique
J’ai d’abord parcouru le texte avec soin, puis je l’ai collationné aux manuscrits décrits plus haut ; j’ai retenu ce sur quoi ils concordaient et, lorsqu’ils divergeaient, j’ai choisi ce qui me paraissait le plus juste, tout en reportant en note les autres leçons plausibles.
Quant aux fautes, bévues et altérations des copistes, je les ai éliminées, à l’exception de celles qui avaient déjà été reproduites dans les précédentes éditions imprimées : je les ai alors signalées en marge et indiqué leur caractère fautif afin que nul ne s’y laisse prendre. Celui qui souhaite constater quelques-unes des déformations présentes dans ces éditions pourra se reporter aux passages ainsi indiqués.
Je t’ai déjà présenté la description des manuscrits et expliqué que certains passages avaient dérouté les scribes, du fait de l’écriture précipitée de l’auteur, de ses abréviations et de son souci limité des points diacritiques lorsqu’il écrivait rapidement (1). La plupart se sont donc contentés d’en tracer les caractères tels quels (2), tandis que certains ont tenté d’en déchiffrer une partie, mais à contresens. Ainsi, chaque fois que tous les témoins concordaient sur une forme qui me paraissait malgré tout erronée