Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et qu’en est-il de son devenir ultime ?! Car si l’être humain devait exécuter lui-même les travaux et supporter les charges que supportent les bêtes, il serait distrait de bien des occupations : pour remplacer un seul chameau, il lui faudrait plusieurs hommes (1) afin de porter les fardeaux et le chargement, ce qu’ils seraient incapables d’accomplir. Leur temps serait alors entièrement absorbé et ils seraient détournés de leurs propres intérêts. Aussi Allah les a-t-Il secourus par ces animaux, auxquels Il a, de surcroît, attaché d’innombrables utilités connues de Lui seul : nourriture et boisson, remèdes, vêtements et effets, outils et récipients, monture et labour, sans compter de multiples autres avantages, ainsi que la beauté qu’ils ajoutent.

Section (2)

Considère ensuite la sagesse qui préside à la création des organes de préhension chez les êtres vivants, l’homme comme les autres :

L’homme, créé pour assumer des métiers tels que la construction, la couture, l’écriture, la menuiserie (3) et bien d’autres encore, a reçu une paume circulaire et plate, dotée de doigts grâce auxquels il peut saisir et relâcher, plier et déplier, assembler et séparer, rapprocher une chose de son semblable.

Quant à l’animal dépourvu de raison, n’ayant pas été destiné à ces métiers, il n’a pas reçu de telles paumes ni de tels doigts. Mais, puisque la subsistance de certains — les fauves, par exemple — dépend de la chasse, il leur a été donné des pattes fines, compactes, pourvues de griffes acérées, propres à saisir la proie mais inadaptées aux métiers manuels.

(1) Le manuscrit T porte « anas » (des gens). (2) Voir : Dalāʾil wa-l-Iʿtibār, p. 26 ; Tawḥīd al-Mufaḍḍal, p. 53. (3) Les manuscrits D, T, N et Ḍ lisent « wa-tijâra » (et le commerce) ; la leçon retenue provient des manuscrits Q, H, R ainsi que d’al-Bihâr, 61/53, et paraît plus correcte.
ومعاده؟! فإنه لو كان يُزاوِلُ من الأعمال والأحمال ما يُزاوِلُ الحيوانُ لشُغِل بذلك عن كثيرٍ من الأعمال؛ لأنه كان يحتاجُ مكانَ الجمل الواحد إلى عدَّة أناسِيَّ (١) يحملون أثقالَه وحِمْلَه، ويعجزون عن ذلك، وكان ذلك يستفرغُ أوقاتهم ويصدُّهم عن مصالحهم؛ فأُعينوا بهذه الحيوانات، مع ما لهم فيها من المنافع التي لا يحصيها إلا الله: مِن الغذاء والشراب، والدَّواء، واللباس والأمتعة، والآلات والأواني، والرُّكوب والحَرْث، والمنافع الكثيرة، والجَمَال. فصل (٢) ثمَّ تأمَّل الحكمةَ في خَلْق آلات البطش في الحيوانات من الإنسان وغيره: فالإنسانُ لمَّا خُلِق مهيَّأً لمثل هذه الصِّناعات من البناء والخياطة والكتابة والنِّجارة (٣) وغيرها خُلِق له كفٌّ مستديرةٌ منبسطةٌ وأصابعُ يتمكَّنُ بها من القبض والبسط والطيِّ والنَّشر والجمع والتفريق وضمِّ الشيء إلى مثله. والحيوانُ البهيمُ لمَّا لم يهيَّأ لتلك الصَّنائع لم يُخْلَق له تلك الأكفُّ والأصابع، بل لمَّا قُدِّر أن يكون غذاءُ بعضها من صَيْده ــ كالسِّباع ــ خُلِق لها أكفٌّ لِطافٌ مُدْمَجَةٌ ذواتُ بَراثِنَ ومخالبَ تصلحُ لاقتناص الصَّيد ولا تصلحُ للصِّناعات.
(١) (ت): «أناس». (٢) «الدلائل والاعتبار» (٢٦)، «توحيد المفضل» (٥٣). (٣) (د، ت، ن، ض): «والتجارة». والمثبت من (ق، ح، ر) و «البحار» (٦١/ ٥٣)، وهو أشبه.

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