et à bien plus encore, des bienfaits multipliés à l’infini, qu’aucune créature ne saurait recenser.
Interroge donc le négateur : qui a logé ces vertus et ces forces dans les plantes, les herbes, les céréales et les racines ? Qui a donné à chacune sa propriété particulière ? Qui a guidé les hommes – et même les animaux – à consommer ce qui leur est utile (1) et à délaisser ce qui leur est nuisible ? Qui en a instruit les humains (2) aussi bien que les bêtes muettes ? Par quelle raison ou quelle expérience aurait-on pu découvrir et connaître la finalité pour laquelle chaque être a été créé – comme le prétend celui à qui l’assistance divine a été chichement mesurée – si ce n’est par la grâce de Celui qui « a donné à chaque chose sa forme, puis l’a parfaitement guidée » ?
À supposer même que l’homme soit parvenu à ces connaissances par son intelligence, ses expériences, sa réflexion et ses analogies, qui donc en a averti les bêtes (3), alors que, dans bien des cas, l’homme lui-même n’y parvient pas ?
Ne voit-on pas certains fauves soigner leurs blessures avec telle plante médicinale et guérir (4) ? Qui les conduit à rechercher précisément cette plante plutôt qu’une autre ?
On a également observé des oiseaux qui, lorsqu’ils sont constipés, se font une irrigation avec l’eau de mer, ce qui facilite leur évacuation (5), et d’autres qui, lorsqu’ils tombent malades, avalent telle herbe et retrouvent la santé (6).
Les médecins, dans les prolégomènes de leurs traités, ont rapporté à ce sujet des merveilles (7).