Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

d’un pays à l’autre ; si l’on avait dû les convoyer par voie terrestre, le coût du transport eût été démesuré et bien des intérêts des hommes s’en seraient trouvés compromis.

Section (1)

Considère ensuite l’action de ces simples et de ces remèdes qu’Allah fait surgir de la terre, ainsi que la propriété particulière qu’Il a conférée à chacun pour accomplir tel ou tel effet bienfaisant :

– Tel médicament s’enfonce jusqu’aux articulations pour en extraire les humeurs épaisses qui, retenues, deviendraient mortelles ; tel autre évacue la bile noire, tel autre encore la bile jaune.
– Celui-ci dissout les tumeurs ; celui-là apaise l’agitation et l’anxiété ; un autre provoque le sommeil et le rétablit lorsqu’il fait défaut.
– Tel allège le corps quand il se sent pesant ; tel réjouit le cœur lorsque les soucis (2) s’accumulent.
– L’un clarifie et déloge le flegme, un autre aiguise la vue, un autre parfume l’haleine.
– Celui-ci calme l’ardeur sexuelle, celui-là la stimule ; tel rafraîchit la chaleur et l’éteint, tel autre combat la froideur et suscite la chaleur.
– L’un neutralise les méfaits d’autres remèdes ou aliments ; un autre, par sa propre qualité, contrebalance celle d’un second : leurs deux tempéraments se compensent et la complexion s’en trouve rétablie.
– Tel étanche la soif ; tel disperse et dissipe les vents épais (3) ; tel donne à la carnation éclat et fraîcheur.
– L’un accroît les tissus du corps en l’enveloppant d’embonpoint, l’autre les réduit.
– Celui-ci tanne (4) l’estomac, celui-là le nettoie et le lave.

Ainsi, pour chaque besoin, un remède adapté a été déposé dans la création, témoignage manifeste de la sagesse du Créateur.

(1) Al-Dalâ’il wa-l-Iʿtibâr, p. 24 ; Tawḥîd al-Mufaḍḍal, p. 106-107. (2) Mss. N et Ḥ : « tarâkub ». (3) « fashsha al-qirbah » : il défait son lien, l’air s’échappe ; voir Lisân al-ʿArab, art. fshsh. Le ms. N lit « wa-yaftatitu-hâ », les mss. Q, D, T « wa-yahyî-hâ ». Cf. Zâd al-Maʿâd, IV, 395. (4) Autrement dit : cela la renforce, assèche l’humidité et retient les selles. Les mss. T et N portent « yadfaʿ » (repousse). Voir aussi : Zâd al-Maʿâd, IV, 285, 288, 306, 400.
من بلدٍ إلى بلد، بحيثُ لو نُقِلَت في البرِّ لعَظُمَت المؤنةُ في نقلها وتعذَّر على النَّاس كثيرٌ من مصالحهم. فصل (١) ثمَّ تأمَّل أحوال هذه العقاقير والأدوية التي يخرجُها اللهُ من الأرض، وما خَصَّ به كلَّ واحدٍ منها وجَعَل عليه من العمل والنَّفع: فهذا يَغُورُ في المفاصل فيستخرجُ الفُضولَ الغليظةَ القاتلةَ لو احتبسَت، وهذا يستخرجُ المِرَّةَ السَّوداء، وهذا يستخرجُ الصَّفراء، وهذا يحلِّلُ الأورام، وهذا يسكِّنُ الهيَجانَ والقَلق، وهذا يجلبُ النَّومَ ويعيدُه إذا أعوَزه الإنسان، وهذا يخفِّفُ البدنَ إذا وجد الثِّقَل، وهذا يُفْرِحُ القلبَ إذا تراكمَت (٢) عليه الغُموم، وهذا يَجْلو البلغَم ويكشِطُه، وهذا يُحِدُّ البصر، وهذا يطيِّبُ النَّكهة، وهذا يسكِّنُ هيَجانَ الباه، وهذا يهيِّجُها، وهذا يبرِّدُ الحرارةَ ويطفئها، وهذا يقتلُ البرودةَ ويهيِّجُ الحرارة، وهذا يدفعُ ضررَ غيره من الأدوية والأغذية، وهذا يقاومُ بكيفيَّته كيفيَّةَ غيره، فيعتدلان، فيعتدلُ المزاجُ بتناولِهما، وهذا يسكِّنُ العطش، وهذا يصرفُ الرياح الغليظةَ ويَفُشُّها (٣)، وهذا يعطي اللونَ إشراقًا ونضارة، وهذا يزيدُ في أجزاء البدن بالسَّمانة، وهذا يُنقِصُ منها، وهذا يَدْبُغ (٤) المعدة، وهذا يَجْلوها ويغسلها،
(١) «الدلائل والاعتبار» (٢٤)، «توحيد المفضل» (١٠٦ - ١٠٧). (٢) (ن، ح): «تراكب». (٣) فَشَّ القِربةَ يَفُشُّها: حَلَّ وكاءَها فخرجَ ريحُها. «اللسان» (فشش). وفي (ن): «ويفتتها». (ق، د، ت): «ويهيها». وانظر: «زاد المعاد» (٤/ ٣٩٥). (٤) أي: يقوِّيها، وينشِّف الرطوبة، ويحبس البطن. وفي (ت، ن): «يدفع». وانظر: «زاد المعاد» (٤/ ٢٨٥، ٢٨٨، ٣٠٦، ٤٠٠).

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