Considérez donc la constitution de son tronc : vous le trouverez semblable à une étoffe, tissé de fils allongés disposés comme la chaîne, et d’autres croisant en trame (1), à l’image d’un tissage manuel. Il en est ainsi afin que le tronc gagne en solidité (2) et en dureté, qu’il ne se rompe pas (3) sous le poids des régimes lourds (4), qu’il résiste aux secousses des vents (5) impétueux, et qu’il demeure durablement dans les toitures (6), les ponts, les récipients et tout ce que l’on façonne avec ce bois.
Il en va de même pour les autres essences : si vous les observez, vous y verrez un semblant de tissu ; elles ne sont pas massives comme la pierre dure, mais leurs fibres s’entremêlent longitudinalement et transversalement, à la manière des chairs qui s’imbriquent les unes dans les autres. C’est là ce qui les rend plus fermes et mieux adaptées à l’usage qu’on en attend ; si, au contraire, le bois était compact (7) comme la roche, il serait impossible de l’employer dans les machines, les portes, les ustensiles, les meubles, les lits, les cercueils et autres objets semblables.
Parmi les manifestations subtiles de la sagesse divine figure encore le fait que le bois flotte sur l’eau : sans cette propriété, les navires ne pourraient transporter des charges et des marchandises aussi lourdes que des montagnes, ni fendre la mer dans un sens puis dans l’autre. Sans elle, les hommes n’auraient pas bénéficié de ces facilités qui rendent possible l’acheminement de ces vastes cargaisons et de ces innombrables biens.