Certains ont rapproché ces bienfaits de la description du croyant : à chaque utilité du palmier, ils ont fait correspondre une qualité du musulman. Ainsi, lorsqu’ils en sont venus aux épines de l’arbre, ils ont posé en regard, chez le fidèle, la fermeté (1) envers les ennemis d’Allah et les dépravés ; il est donc, à leur endroit, rude et inflexible comme l’épine, tandis qu’envers les croyants et les gens pieux, il se montre doux et suave comme la datte fraîche : « durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux » (al-Fatḥ 48 : 29).
Huitième aspect : plus le palmier vieillit, plus il prodigue de bien et plus son fruit gagne en qualité ; de même, lorsque la vie du croyant se prolonge, son bien s’accroît et ses œuvres s’embellissent.
Neuvième aspect : le cœur du palmier – son bourgeon comestible – est l’un des plus tendres et des plus savoureux ; c’est un trait qui le distingue de tous les autres arbres. De même, le cœur du croyant est l’un des plus purs.
Dixième aspect : l’utilité du palmier ne disparaît jamais totalement. Quand bien même l’un de ses profits viendrait à manquer, d’autres demeurent ; si, par exemple, ses fruits faisaient défaut une année, les gens tireraient encore avantage de ses palmes, de ses folioles, de ses fibres et de ses bases foliaires, y trouvant maints usages et services. Ainsi en est-il du croyant : il ne se trouve jamais privé de tout bien. Qu’un pan de ses vertus se dessèche, un autre reste florissant ; son bien reste toujours espéré, son mal, à l’abri des craintes.
Et il est rapporté dans le Sunan de Tirmidhī (2), avec élévation jusqu’au Prophète ﷺ : « Le meilleur d’entre vous est celui dont on espère le bien et dont on se sent à l’abri du mal ; le pire d’entre vous est celui dont on n’attend aucun bien et dont on ne se sait pas préservé du mal. »
Telle est la digression que nous avons insérée, à titre de parenthèse, pour exposer la sagesse qui préside à la création du palmier et à sa constitution. Revenons à notre propos principal.