Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

est produite à partir des fruits de tous les palmiers et de toutes les vignes, ainsi qu’Allah – Très-Haut – le dit : « Et c’est des fruits des palmiers et des vignes que vous tirez une boisson enivrante et une subsistance agréable. » (an-Naḥl 16 : 67) ; et Anas – qu’Allah l’agrée – rapporte : « Lorsque l’interdiction du vin fut révélée, il n’existait à Médine aucune boisson tirée du raisin ; la boisson des gens n’était que le fadîkh, préparé à partir de dattes. » (1)

Si donc la défense, par le Prophète ﷺ, d’appeler le cep de vigne karm avait eu pour raison la présence de l’intoxicant (2), il n’aurait pas comparé le palmier au croyant, puisque l’alcool se prépare également à partir de ce dernier. Allah sait mieux.

Sixième aspect de la comparaison : le palmier est l’arbre qui supporte le mieux vents et privations. Les autres grands arbres sont tantôt inclinés par la bourrasque, tantôt déracinés, tantôt leurs branches sont brisées ; nombre d’entre eux ne résistent pas à la soif comme le fait le palmier (3). De même, le croyant fait preuve de patience dans l’épreuve ; les rafales ne l’ébranlent pas.

Septième aspect : le palmier n’est que profit ; rien ne tombe de lui sans utilité. Son fruit (4) est bénéfique, et son tronc rend d’innombrables services pour les constructions, les toitures, etc. Ses palmes servent à couvrir les maisons à la place du roseau, à obturer fentes (5) et interstices ; de ses folioles on tresse corbeilles, paniers, divers récipients, nattes, et bien d’autres objets, tandis que ses fibres et ses bases foliaires offrent, elles aussi, des usages bien connus des gens.

(1) Rapporté, dans un texte similaire, par al-Bukhari, nos 2464 et 5580, et par Muslim, nos 1980 et 1981. (2) Ms. T : « al-sukr » (l’ivresse). (3) Ms. T : « wa la sabra laha, wa la li-l-muthmir minha ‘ala l-atash » (« elle ne supporte pas la soif, pas même lorsqu’elle porte du fruit »). (4) Ms. Q : « fa tamruha » (« ses dattes »); ms. T : « fa thamratuha » (« son fruit »). (5) Ms. T : « al-furuj » (litt. « les fissures/ouvertures »).
تُتَّخَذُ من ثمر كلِّ النَّخيل والأعناب؛ كما قال تعالى: ﴿وَمِنْ ثَمَرَاتِ النَّخِيلِ وَالْأَعْنَابِ تَتَّخِذُونَ مِنْهُ سَكَرًا وَرِزْقًا حَسَنًا﴾ [النحل: ٦٧]، وقال أنسٌ ﵁: «نَزَل تحريمُ الخمر وما بالمدينة من شراب الأعناب شيءٌ، وإنما كان شرابُ القوم الفضيخَ المتَّخذَ من التَّمر» (١). فلو كان نهيُه ﷺ عن تسمية شجر العنب كَرْمًا لأجل المُسْكِر (٢) لم يشبِّه النَّخلةَ بالمؤمن؛ لأنَّ المُسْكِرَ يُتَّخَذُ منها، والله أعلم. الوجهُ السَّادس من وجوه التشبيه: أنَّ النَّخلةَ أصبرُ الشجر على الرياح والجَهْد، وغيرُها من الدَّوْح العِظام تُمِيلها الرِّيحُ تارة، وتَقْلَعُها تارة، وتَقْصِفُ أفنانَها، ولا صبرَ لكثيرٍ منها على العطش كصبر النَّخلة (٣)؛ فكذلك المؤمنُ صبورٌ على البلاء لا تُزَعْزِعُه الرياح. السَّابع: أنَّ النَّخلةَ كلها منفعةٌ لا يسقطُ منها شيءٌ بغير منفعة، فثمرها (٤) منفعةٌ، وجِذْعُها فيه من المنافع ما لا يُجْهَلُ للأبنية والسُّقوف وغير ذلك، وسَعَفُها يُسْقَفُ به البيوتُ مكان القَصَب، ويُسْتَرُ به الفُرَجُ (٥) والخَلَل، وخُوصُها يُتَّخَذُ منه المَكاتِلُ والزَّنابيلُ وأنواعُ الآنية والحُصُرُ وغيرُها، ولِيفُها وكَرَبُها فيه من المنافع ما هو معلومٌ عند النَّاس.
(١) أخرجه بنحوه البخاري (٢٤٦٤، ٥٥٨٠)، ومسلم (١٩٨٠، ١٩٨١). (٢) (ت): «السكر». (٣) (ت): «ولا صبر لها، ولا للمثمر منها على العطش». (٤) (ق): «فتمرها». (ت): «فثمرتها». (٥) (ت): «الفروج».

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