Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ni, par ailleurs, affirmer que la qualifier de karm serait mensonger, qu’il ne s’agirait là que d’un mot dénué de sens, à l’instar de qui appelle « savant » un ignorant, « vertueux » un dépravé ou « généreux » un avare. Ne vois-tu pas qu’il n’a nullement nié les bienfaits de la vigne ? Il a simplement indiqué que le cœur du croyant recèle des bienfaits plus abondants et des avantages plus grands encore !

Tel fut, dans ses grandes lignes, l’échange qui eut lieu ce jour-là.

Si maintenant tu médites la parole du Prophète ﷺ : « Le karm est le cœur du croyant », tu la trouveras conforme à cet autre propos où, à propos du palmier, il dit : « Son exemple est celui du musulman » ; dans le ḥadith rapporté par Ibn ʿUmar (1), il assimile le palmier au musulman, tandis que, dans l’autre, il compare le musulman au karm, interdisant qu’on réserve ce nom au seul cep de vigne sans l’accorder au cœur du croyant.

D’aucuns ont proposé une autre explication : il aurait prohibé l’appellation karm pour la vigne parce qu’on en tire la « mère des turpitudes » – le vin ; il serait donc blâmable de la nommer d’un terme qui flatterait les âmes et les pousserait à la consommation, par souci de fermer les issues (sadd ad-dharaʿiʿ) jusque dans le vocabulaire (2). Cette interprétation se conçoit, n’eût été sa parole : « Car le karm est le cœur du croyant », qui fait figure de justification de l’interdiction et montre que le cœur du croyant mérite davantage ce nom que la vigne.

Le Messager d’Allah ﷺ sait mieux que quiconque ce qu’il voulait signifier ; ce qu’il a visé est donc la vérité même.

En définitive, Allah – exalté soit-Il – a compté, parmi les bienfaits qu’Il rappelle à Ses serviteurs, les fruits des palmiers et des vignes, les incluant dans l’énumération de Ses grâces.

Et, si Allah le veut, la première explication l’emporte en évidence sur la seconde (3), car la « mère des turpitudes »

(1) La source a été citée plus haut. (2) Voir : al-Muallim de al-Maziri, vol. 3, p. 111 ; ainsi que Fath al-Bari, vol. 10, p. 567. (3) Abu al-Walid al-Baji adopte le premier avis dans al-Muntaqa, vol. 4, p. 244 ; l’auteur le privilégie dans Tahdhib al-Sunan, vol. 13, p. 217, et reste réservé sur la question dans Zad al-Maad, vol. 2, p. 349 et vol. 4, p. 369.
تسميتَه كَرْمًا كذبٌ، وأنها لفظةٌ لا معنى تحتها كتسمية الجاهل عالِمًا والفاجر بَرًّا والبخيل سخيًّا، ألا ترى أنه لم يَنْفِ فوائدَ شجر العنب، وإنما أخبر أنَّ قلبَ المؤمنِ أغزرُ فوائدَ وأعظمُ منافعَ منها؟! هذا الكلامُ أو قريبٌ منه جرى في ذلك المجلس. وأنت إذا تدبَّرتَ قول النبي ﷺ: «الكَرْمُ قلبُ المؤمن» وجدتَه مطابقًا لقوله في النَّخلة: «مَثَلُها مثلُ المسلم»؛ فشبَّه النَّخلةَ بالمسلم في حديث ابن عمر (١)، وشبَّه المسلمَ بالكَرْم في الحديث الآخر، ونهاهم أن يخصُّوا شجرَ العنب باسم الكَرْم دون قلب المؤمن. وقد قال بعض النَّاس في هذا معنًى آخر؛ وهو أنه نهاهم عن تسمية شجر العنب كَرْمًا لأنه يُقْتَنى منه أمُّ الخبائث؛ فيُكرَهُ أن يسمَّى باسمٍ يرغِّبُ النفوسَ فيها ويحضُّهم عليها؛ من باب سدِّ الذَّرائع في الألفاظ (٢). وهذا لا بأس به لولا أن قوله: «فإنَّ الكَرْمَ قلبُ المؤمن» كالتَّعليل لهذا النَّهي والإشارة إلى أنه أولى بهذه التَّسمية من شجر العنب. ورسولُ الله ﷺ أعلمُ بما أراد من كلامه، فالذي قَصَدَه هو الحقُّ. وبالجملة؛ فالله سبحانه عَدَّدَ على عباده من نِعَمه عليهم ثمراتِ النَّخيل والأعناب، فساقَها فيما عَدَّده عليهم من نِعَمه. والمعنى الأوَّلُ أظهرُ من المعنى الآخر إن شاء الله (٣)؛ فإنَّ أمَّ الخبائث
(١) تقدم تخريجه قريبًا. (٢) انظر: «المعلم» للمازري (٣/ ١١١)، و «فتح الباري» (١٠/ ٥٦٧). (٣) ومال إلى المعنى الأول أبو الوليد الباجي في «المنتقى» (٤/ ٢٤٤)، وقدَّمه المصنف في «تهذيب السنن» (١٣/ ٢١٧)، وتردَّد فيه في «زاد المعاد» (٢/ ٣٤٩، ٤/ ٣٦٩).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies