Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

au raisin et procure des avantages plus larges à ses habitants, comme c’est le cas à Médine (1), dans tout le Ḥiǧāz et en Irak ; à l’inverse, la vigne, dans son terroir naturel et le pays où elle règne, demeure supérieure, plus profitable et plus utile à ses gens, tels la Syrie, les régions montagneuses et les contrées froides où le palmier ne prend pas (2).

Un jour, je me trouvais dans une assemblée à La Mecque — qu’Allah la couvre de noblesse — où siégeaient quelques notables de la ville. La question fut abordée (3) et certains des présents se lancèrent dans de longues louanges du palmier et de ses bienfaits. Au cours de son exposé, l’un d’eux déclara : « Il suffit, pour prouver sa supériorité, de constater que nous achetons du raisin avec ses noyaux ; comment le fruit dont le noyau sert de prix à l’autre pourrait-il être moins excellent ?! » (4).

Un autre intervenant ajouta : « Le Prophète ﷺ a tranché la controverse et l’a réglée en interdisant d’appeler la vigne karm, disant : “Al-karm, c’est le cœur du croyant.” (5) Quelle preuve pourrait être plus claire ? » Et ils se mirent à insister avec force sur cet argument.

(1) Les manuscrits de base portent « à Médine », lecture fautive ; le passage reviendra plus loin sous la forme correcte « comme au Cham ». (2) Voir : Abou Hatim as-Sijistani, An-Nakhla, p. 42 et 46 ; Ibn al-Qayyim, Tariq al-hijratayn, p. 808 ; id., Zad al-Maad, t. 4, p. 399 ; id., Tahdhib as-sunan, t. 13, p. 218. (3) Un débat analogue eut déjà lieu dans l’assemblée de ‘Umar ibn al-Khattab. Voir : Al-Hayawan, t. 6, p. 140 ; Gharib al-hadith d’Ibn Qutayba, t. 1, p. 281 ; Al-Laali d’al-Bakri, t. 2, p. 690, etc. – Al-‘Uqud al-lu’lu’iyya, t. 2, p. 263, rapporte une autre controverse sur le même sujet, dans le majlis d’un émir rasoulide du Yémen. – Le cadi Jamal ad-Din ar-Rimi (m. 791) a consacré à la question une risala intitulée Tuhfat ahl al-adab fi tafdil al-‘inab ‘ala ar-rutab ; cf. Hachiya ar-Ramli sur Asna al-matalib, t. 2, p. 393, et Nihayat al-muhtaj, t. 5, p. 246. (4) Certains auteurs ont inversé l’argument ; voir Bahjat al-majalis, t. 1, p. 130. (5) Ḥadith rapporté par al-Bukhari, no 6183, et Muslim, no 2247, d’après Abou Hurayra.
العنب وأعمُّ نفعًا وأجدى على أهله كالمدينة (١) والحجاز والعراق، والعنبُ في مَعْدِنه ومحلِّ سلطانه أفضلُ وأعمُّ نفعًا وأجدى على أهله كالشام والجبال والمواضع الباردة التي لا تقبلُ النَّخل (٢). وحضرتُ مرَّةً في مجلسٍ بمكَّة ــ شرَّفها الله تعالى ــ فيه من أكابر البلد، فجَرَت هذه المسألة (٣)، وأخذ بعضُ الجماعة الحاضرين يُطْنِبُ في تفضيل النَّخلِ وفوائده، وقال في أثناء كلامه: ويكفي في تفضيله أنَّا نشتري بِنَواهُ العنبَ؛ فكيف يفضَّلُ عليه ثمرٌ يكون نواهُ ثمنًا له؟! (٤). وقال آخرُ من الجماعة: قد فَصَل النبيُّ ﷺ النِّزاعَ في هذه المسألة، وشفى فيها بنَهْيِه عن تسمية شجر العنب كَرْمًا، وقال: «الكَرْمُ قلبُ المؤمن» (٥)، فأيُّ دليلٍ أبينُ من هذا؟! وأخذوا يبالغون في تقرير ذلك.
(١) في الأصول: «بالمدينة». تحريف. وسيرد على الصواب في قوله: «كالشام». (٢) انظر: «النخلة» لأبي حاتم السجستاني (٤٢، ٤٦)، و «طريق الهجرتين» (٨٠٨)، و «زاد المعاد» (٤/ ٣٩٩)، و «تهذيب السنن» (١٣/ ٢١٨). (٣) وقد جرت من قبلُ في مجلس عمر بن الخطاب ﵁. انظر: «الحيوان» (٦/ ١٤٠)، و «غريب الحديث» لابن قتيبة (١/ ٢٨١)، و «اللآلي» للبكري (٢/ ٦٩٠)، وغيرها. وفي «العقود اللؤلؤية» (٢/ ٢٦٣) خبرُ مناظرةٍ أخرى حول المسألة في مجلس أحد أمراء الدولة الرسولية باليمن. وللقاضي جمال الدين الريمي (ت: ٧٩١) رسالة بعنوان: «تحفة أهل الأدب في تفضيل العنب على الرطب». انظر: حاشية الرملي على «أسنى المطالب» (٢/ ٣٩٣)، و «نهاية المحتاج» (٥/ ٢٤٦). (٤) قلب بعضهم هذا الدليل. انظر: «بهجة المجالس» (١/ ١٣٠). (٥) أخرجه البخاري (٦١٨٣)، ومسلم (٢٢٤٧) من حديث أبي هريرة.

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