Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim
  1. la permanence de son « vêtement » et de son ornement : ses palmes ne tombent ni en été ni en hiver ; de même, le croyant ne se départ jamais du vêtement de la piété ni de sa parure jusqu’à ce qu’il se présente devant son Seigneur, exalté soit-Il.

  2. la facilité avec laquelle on cueille son fruit : lorsqu’elle est basse, le ramasseur n’a même pas besoin d’y grimper, et lorsqu’elle est haute, y monter reste bien plus aisé que d’escalader les autres grands arbres ; on dirait que des échelons (1) et des degrés ont été disposés jusqu’à son faîte. Ainsi, la générosité du croyant est simple et proche pour qui veut en profiter, sans peine (2) ni mesquinerie.

  3. Son fruit est l’un des plus utiles qui soient : on le consomme frais, comme un fruit juteux (3), ou sec, comme une friandise ; il tient lieu à la fois de nourriture de base, de condiment et de dessert. On en tire du vinaigre, du nâtif (4) et diverses confiseries ; il entre encore dans la composition de remèdes et de boissons, et l’utilité qu’on en retire – tout comme du raisin – surpasse celle de toute autre production.

Les gens ont d’ailleurs divergé pour savoir lequel des deux, datte ou raisin, est le plus profitable et le meilleur. Al-Jâḥiẓ a consacré un volume entier (5) à arbitrer cette question, exposant longuement les arguments et les motifs de préférence des deux camps.

La conclusion du débat est que, dans son terroir naturel et dans le pays où il règne, le palmier-dattier est préférable à

(1) Les manuscrits H et N portent : « … de sorte qu’on la voit comme si elle en formait les maraki (échelons) ». (2) Les manuscrits Q et T lisent « bil-ghur », et le manuscrit D « bil-ghaz », deux leçons fautives. (3) Le manuscrit Q lit « rutbuhu fakihah » (ses dattes fraîches sont un fruit), tandis que le mot « rutbah » manque dans T. (4) Sorte de confiserie ; voir : al-Muʿjam al-wasit, entrée « nutaf » ; Ḥawashi al-Hayawan, 3/376 ; Nashwar al-muhadara, 3/271. (5) Il s’agit du livre al-Zarʿ wa-l-nakhl, aujourd’hui perdu. L’auteur y privilégiait le palmier, choix que certains lui ont reproché. Voir : Rasail, 1/231 et 240 ; al-Hayawan, 1/4 ; Irshad al-arib, 2118.
الثالث: دوامُ لباسها وزينتها، فلا يسقطُ عنها صيفًا ولا شتاءً، كذلك المؤمنُ لا يزولُ عنه لباسُ التقوى وزينتُها حتى يُوافي ربَّه تعالى. الرابع: سهولةُ تناول ثمرتها وتيسيره؛ أمَّا قصيرُها فلا يُحْوِجُ المتناوِلَ أن يَرقاها، وأمَّا باسِقُها فصعودُه سهلٌ بالنسبة إلى صعود الشَّجر الطِّوال وغيرها، فتراها كأنها قد هُيِّئت منها المراقي (١) والدَّرَجُ إلى أعلاها؛ وكذلك المؤمنُ خيرُه سهلٌ قريبٌ لمن رام تناوله لا بالعَسِر (٢) ولا باللئيم. الخامس: أنَّ ثمرتها من أنفع ثمار العالم؛ فإنه يؤكلُ فاكهةً رطبةً (٣) وحلاوةً يابسة؛ فيكونُ قُوتًا وأُدْمًا وفاكهة، ويُتَّخَذُ منه الخَلُّ والنَّاطِفُ (٤) والحلوى، ويدخلُ في الأدوية والأشربة، وعمومُ المنفعة به وبالعنب فوق كلِّ الثِّمار. وقد اختلف النَّاسُ في أيهما أنفعُ وأفضل؟ وصنَّف الجاحظُ في المحاكمة بينهما مجلَّدًا (٥)، فأطال فيه الحِجَاجَ والتفضيل من الجانبين. وفصلُ النِّزاع في ذلك أنَّ النَّخل في مَعْدِنه ومحلِّ سلطانه أفضلُ من
(١) (ح، ن): «فتراها كأنها منها المراقي». (٢) (ق، ت): «بالغر». (د): «بالغز». وكلاهما خطأ. (٣) (ق): «رطبه فاكهة». وسقطت «رطبة» من (ت). (٤) ضربٌ من الحلوى. انظر: «المعجم الوسيط» (نطف)، وحواشي «الحيوان» (٣/ ٣٧٦)، و «نشوار المحاضرة» (٣/ ٢٧١). (٥) وهو كتاب «الزرع والنخل»، ولم يُعْثَر عليه بعد. واختار فيه تفضيل النخل؛ فعابه بذلك بعض الناس. انظر: رسائله (١/ ٢٣١، ٢٤٠)، و «الحيوان» (١/ ٤)، و «إرشاد الأريب» (٢١١٨).

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