Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ni ne leur seraient vraiment agréables, ni ne leur procureraient ce plaisir exquis.

C’est pourquoi tout fruit qui mûrit hors de sa saison te paraîtra caduc, lassant, d’un goût délavé (1). Et ne crois pas (2) que cela tienne à la seule habitude : si l’usage s’est établi ainsi, c’est qu’il correspond à la sagesse et à l’intérêt que le Sage, le Parfait Connaisseur, ne saurait jamais négliger.

Section (3)

Contemple ensuite ce palmier-dattier, l’un des signes d’Allah (4). Tu y verras des merveilles qui t’éblouiront : comme il a été décrété qu’il possède des sujets femelles nécessitant la pollinisation, on y a placé aussi des sujets mâles pour les féconder, à l’instar des mâles et des femelles dans le règne animal. De là vient qu’il ressemble, plus que tout autre arbre, à l’être humain, et plus particulièrement au croyant, ainsi que l’a illustré le Prophète ﷺ (5), et cela sous de nombreux aspects :

  1. la fermeté de ses racines dans la terre et leur stabilité ; il n’est pas semblable à « l’arbre arraché de la surface du sol, sans assise aucune » (6) ;

  2. la douceur, la saveur exquise et l’utilité générale de son fruit ; de même le croyant a la parole bonne et l’action vertueuse, et son bénéfice s’étend à lui-même comme aux autres.

(1) Les manuscrits de base portent cette lecture. L’exemplaire noté (ṭ) lit « makhloul » (avec kha), sans doute apparenté à *khall* (vinaigre) ; le terme renvoie au fait que la saveur sucrée en est altérée. (2) Le manuscrit (d) laisse la lettre sans point, tandis que (ḥ) et (t) lisent « yaẓunnu » (« il pense »). (3) Réf. : Al-Dalāʾil wa-l-iʿtibār, p. 23 ; Tawḥīd al-Mufaḍḍal, p. 105-106. (4) Même leçon dans les manuscrits, résultat d’une ellipse fondée sur le sens ; procédé fréquent chez l’auteur. (5) Ḥadith rapporté par al-Bukhārī, no 61, et par Muslim, no 2811, d’après Ibn ʿUmar. (6) Voir : Ibn al-Qayyim, Iʿlām al-muwaqqiʿīn, vol. 1, p. 173.
ذلك الموقِع، ولا استطابتْه واستلذَّته ذلك الالتذاذ. ولهذا تجدُ المتأخِّرَ منها عن وقته فائتًا مملولًا محلول (١) الطَّعم، ولا تظنَّ (٢) أنَّ هذا لجريان العادة المجرَّدة بذلك؛ فإنَّ العادة إنما جرت به لأنه وَفْقَ الحكمة والمصلحة التي لا يُخِلُّ بها الحكيمُ الخبير. فصل (٣) ثمَّ تأمَّل هذه النَّخلةَ التي هي أحدُ آيات الله (٤) تجدْ فيها من العجائب والآيات ما يَبْهَرُك؛ فإنه لما قدِّر أن يكون فيه إناثٌ تحتاجُ إلى اللِّقاح جُعِلَت فيها ذكورٌ تَلْقَحُها بمنزلة ذكور الحيوان وإناثه، ولذلك اشتدَّ شَبهُها من بين سائر الأشجار بالإنسان، خصوصًا بالمؤمن، كما مَثَّله النبيُّ ﷺ (٥)، وذلك من وجوهٍ كثيرة: أحدها: ثباتُ أصلها في الأرض واستقرارُه فيها، وليست بمنزلة الشجرة التي اجتُثَّت من فوق الأرض ما لها من قرار (٦). الثاني: طِيبُ ثمرتها وحلاوتُها وعمومُ المنفعة بها، كذلك المؤمنُ طيِّبُ الكلام طيِّبُ العمل، فيه المنفعةُ لنفسه ولغيره.
(١) كذا في الأصول. وفي (ط): «مخلول» بالمعجمة، لعله من الخَلِّ، وسمِّي بذلك لأنه اختلَّ منه طعمُ الحلاوة. (٢) مهملة في (د). وفي (ح، ت): «يظن». (٣) «الدلائل والاعتبار» (٢٣)، «توحيد المفضل» (١٠٥ - ١٠٦). (٤) كذا في الأصول، من باب الحمل على المعنى، وهو كثيرٌ في كتب المصنف. (٥) أخرجه البخاري (٦١)، ومسلم (٢٨١١) من حديث ابن عمر. (٦) انظر: «إعلام الموقعين» (١/ ١٧٣).

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