Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il convient donc à quiconque possède la moindre parcelle d’intelligence de laisser son esprit voyager à travers ces bienfaits et ces faveurs, d’en renouveler sans cesse le rappel, dans l’espoir que cela l’amènera à comprendre quelle en est la finalité, pour quoi elles ont été créées, pourquoi elles ont été préparées et quel devoir lui est imposé à leur propos (1). Ainsi qu’Allah — qu’Il soit exalté — l’a dit : « Rappelez-vous les bienfaits d’Allah afin que vous réussissiez. » (Al-Aʿrâf, 7 : 69).

Le rappel des signes et des bienfaits d’Allah à l’égard de Son serviteur est en effet la cause de la réussite et du bonheur ; car il ne fait qu’accroître en lui l’amour d’Allah, la louange, la gratitude, l’obéissance, ainsi que la conscience de ses propres manquements — voire de sa négligence — à s’acquitter du peu qu’il doit à Allah.

À ce propos, que dire de cette parole si juste :
« On t’a façonné pour un dessein — si seulement tu le comprenais ! —
Élève-toi donc au-dessus de ceux qui paissent avec le bétail errant. » (2)

Section (3)

Considère ensuite la sagesse à l’œuvre dans les plantes telles que la courge, la pastèque et le melon (4) : puisque la sagesse divine a voulu que leurs fruits deviennent volumineux, leur végétation a été étalée sur le sol ; si, comme les céréales, elle se dressait à la verticale, sa vigueur ne suffirait pas à porter ces lourds fruits, lesquels se détacheraient (5) avant même d’avoir mûri et atteint leur perfection.

(1) Le manuscrit T lit : « fi hadhihi al-niʿam » (dans ces bienfaits). (2) La source de ce vers a déjà été signalée, p. 380. (3) Al-Dalâʾil wa-l-iʿtibâr, p. 23 ; Tawḥîd al-Mufaḍḍal, p. 104. (4) Les manuscrits Q, D et T ajoutent « wa-l-jazar » (et la carotte), leçon considérée fautive ; la lecture retenue suit N et R. Le manuscrit Ḍ propose « ad-dubbaʾ, al-qiththâ, al-baṭtîkh » (courge, concombre, pastèque). (5) Mot omis dans le texte. Al-nafaḍ désigne les fruits tombés de l’arbre. Le manuscrit T lit « wa lanqaḍat » ; H : « wa lanqaḍat » ; Q et N : « wa lanqaṣat » ; il manque dans D ; R et Ḍ : « wa lataqaṣṣafat ».
فجديرٌ بمن له مُسْكةٌ من عقلٍ أن يسافر بفكره في هذه النِّعَم والآلاء، ويكرِّر ذِكرَها، لعلَّه يُوقِفُه على المراد منها ما هو؟ ولأيِّ شيءٍ خُلِق؟ ولماذا هُيِّاء؟ وأيُّ أمرٍ طُلِب منه على هذه النِّعَم (١)؛ كما قال تعالى: ﴿فَاذْكُرُوا آلَاءَ اللَّهِ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ﴾ [الأعراف: ٦٩]. فذِكرُ آلائه ﵎ ونِعَمه على عبده سببُ الفلاح والسَّعادة؛ لأنَّ ذلك لا يزيدُه إلا محبةً لله وحمدًا وشكرًا وطاعةً وشُهودَ تقصيره ــ بل تفريطه ــ في القليل مما يجبُ لله عليه. ولله درُّ القائل: قد هيَّؤُوكَ لأمرٍ لو فَطِنْتَ له ... فاربَأ بنفسِكَ أن ترعى مع الهَمَلِ (٢) فصل (٣) ثمَّ تأمَّل الحكمةَ في شجر اليَقْطين والبِطِّيخ والخِرْبِز (٤)، كيف لما اقتضت الحكمةُ أن يكونَ حملُه ثمارًا كبارًا جُعِل نباتُه منبسطًا على الأرض؛ إذ لو انتصبَ قائمًا كما ينتصبُ الزَّرعُ لضَعُفَت قوَّتُه عن حمل هذه الثِّمار الثَّقيلة، ولنَفَضت (٥) قبل إدراكها وانتهائها إلى غاياتها.
(١) (ت): «في هذه النعم». (٢) مضى تخريج البيت (ص: ٣٨٠). (٣) «الدلائل والاعتبار» (٢٣)، «توحيد المفضل» (١٠٤). (٤) (ق، د، ت): «والجزر». تحريف. والمثبت من (ن، ر). وفي (ض): «الدباء والقثاء والبطيخ». (٥) سقَطَت. والنَّفَض: ما تساقط من الثمر. وفي (ت): «ولنقضت». (ح): «ولانقضت». (ق، ن): «ولنقصت». وأهملت في (د). (ر، ض): «ولتقصفت».

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