Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

équivaut, pour ces arbres, au moment de la nidation et au début même de la formation des gouttelettes originelles. Alors la substance agissante à l’œuvre en leur sein remplit sa fonction : elle les dispose à la conception ; puis, lorsque l’heure de la gestation survient, l’eau s’infiltre en eux, leurs fibres s’assouplissent (1), tout l’arbre s’anime pour porter le fruit, l’eau se diffuse dans ses rameaux, et chaleur comme humidité s’y répandent.

Lorsque vient le temps de la mise au monde, il se pare de tous les atours somptueux de fleurs et de feuilles, dans lesquels il se pavane (2), se balance et se glorifie devant l’arbre stérile. Une fois qu’il exhibe ses enfants (3) et que sa grossesse devient manifeste aux regards, on discerne aussitôt sa générosité et sa saveur de la bassesse et de l’avarice ; c’est le même qui a pourvu à la nutrition de ce fœtus que Celui qui nourrit les embryons dans le ventre de leurs mères : Il l’a revêtu de feuillage et l’a protégé contre la chaleur et le froid.

Quand la gestation se complète et que sonne l’heure du sevrage, ses branches se penchent vers toi comme si l’arbre t’offrait le fruit même de son cœur (4). En t’approchant, tu vois les rameaux qui te reçoivent avec leur progéniture ; ils te saluent, t’honorent et te la présentent, au point qu’on dirait une main qui te la remet. Il en va tout particulièrement des grappes toutes proches des Jardins de la félicité, que le croyant cueille debout, assis ou couché. De même les corolles parfumées semblent te saluer de leur propre être et t’accueillir par la douceur de leur senteur.

Tout cela n’est qu’ennoblissement à ton égard, sollicitude pour ta destinée, distinction et préférence sur les autres créatures. Te sied-il donc de t’absorber dans ces bienfaits au point d’oublier le Bienfaiteur ? Qu’en sera-t-il si tu t’en aides pour commettre des désobéissances et les emploies dans ce qui Le courrouce ? Et que dire si, pire encore, tu Le nies et en attribues le mérite à un autre, comme Il l’a dit : « Et faites-vous donc de votre subsistance un acte de dénégation ? » (La Déferlante, 56 : 82).

(1) Lecture du manuscrit T : « elle emplit ses flancs ». (2) Lectures des manuscrits N et H : « elle s’en glorifie ». (3) Lectures des manuscrits H et N : « sa progéniture est apparue » ; manuscrit T : « sa mise bas est apparue ». (4) Lecture du manuscrit H : « le fruit de son pis ».
بمنزلة وقت العُلُوق ومبدأ تكوين النُّطَف، فتعملُ المادَّةُ في أجوافها عملَها، وتهيِّئها للعُلُوق، حتى إذا آن وقتُ الحمل دَبَّ فيها الماءُ، فلانت أعطافُها (١)، وتحرَّكت للحَمْل، وسرى الماءُ في أفنانها، وانتشرت فيها الحرارةُ والرُّطوبة. حتى إذا آنَ وقتُ الولادة كُسِيَت من سائر الملابس الفاخرة من النَّوْر والوَرَق ما تتبخترُ فيه (٢) وتَمِيسُ به وتفخَرُ على العقيم، فإذا أظهرت أولادها (٣)، وبانَ للنَّاظر حملُها، عُلِم حينئذٍ كرمُها وطِيبُها مِنْ لؤمها وبخلها؛ فتولى تغذيةَ ذلك الحمل من تولى غذاءَ الأجنَّة في بطون أمَّهاتها وكساها الأوراق وصانها من الحرِّ والبرد. فإذا تكامل الحملُ وآن وقتُ الفطام، تَدَلَّت إليك أفنانُها كأنما تناولكَ ثمرةَ كبدها (٤)، فإذا قابلتَها رأيتَ الأفنانَ كأنها تلقاك بأولادها وتحيِّيكَ وتكرمكَ بهم وتقدِّمهم إليك، حتى كأنَّ مناوِلًا يناولكَ إياها بيده، ولا سيَّما قطوفُ جنَّات النَّعيم الدَّانيةُ التي يتناولها المؤمنُ قائمًا وقاعدًا ومضطجعًا، وكذلك ترى الرَّياحينَ كأنها تحيِّيكَ بأنفُسِها، وتقابلكَ بطِيب رائحتها. وكلُّ هذا إكرامًا لك، وعنايةً بأمرك، وتخصيصًا لك، وتفضيلًا على غيرك من الحيوانات، أفيَجْمُلُ بك الاشتغالُ بهذه النِّعَم عن المُنعِم بها؟! فكيف إذا استعنتَ بها على معاصيه وصرفتَها في مساخطه؟! فكيف إذا جحدتَه وأضفتَها إلى غيره، كما قال: ﴿وَتَجْعَلُونَ رِزْقَكُمْ أَنَّكُمْ تُكَذِّبُونَ﴾ [الواقعة: ٨٢]؟!
(١) (ت): «فملأت أعطافها». (٢) (ن، ح): «تفتخر به». (٣) (ح، ن): «ظهرت أولادها». (ت): «ظهرت ولادتها». (٤) (ح): «ثمر درها».

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