Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Section (1)
Considère ensuite la sagesse qui se manifeste dans les grains (2) – blé, orge et autres céréales : vois comme le grain apparaît peu à peu, enchâssé dans des enveloppes, coiffé d’effilées pointes semblables à des fers de lance. Ainsi les bataillons d’oiseaux ne peuvent ni le saccager ni s’en jouer ; car si le grain se trouvait à découvert, sans coque (3) ni protection pour le défendre, ils s’en empareraient sans aucune entrave, le gâteraient, le disperseraient, se jetteraient dessus et en mangeraient autant qu’ils le pourraient, tandis que les cultivateurs seraient incapables de les en détourner.

C’est donc le Très-Subtil, le Parfaitement Connaisseur, qui a placé sur lui ces remparts afin de le préserver ; l’oiseau n’en prend que la ration nécessaire à sa subsistance, tandis que la plus grande part revient à l’être humain, qui y a meilleur droit, puisqu’il est celui qui a peiné et peiné encore pour l’obtenir (4), et parce que son besoin est de beaucoup supérieur à celui des oiseaux.

Section (5)
Contemple ensuite l’admirable sagesse que recèlent ces arbres : chaque année tu les vois porter puis déposer leur fruit ; ils sont donc sans cesse en état de gestation et d’enfantement.

Lorsque leur Seigneur les autorise à concevoir, la chaleur naturelle se retient (6) en leur sein et s’y dissimule, de sorte que la gestation se réalise au moment qui leur est imparti ; et ce moment

(1) «Dalâʾil al-iʿtibâr», p. 20 ; «Tawḥîd al-Mufaḍḍal», p. 100. (2) Le manuscrit N porte : «akthar al-ḥubûb» (la plupart des grains). (3) aṣ-ṣuwân (avec ḍamma ou kasra) : récipient destiné à protéger ce qu’il contient. Cf. Lisân al-ʿArab. (4) Le manuscrit Ḥ lit : «kadaḥa fîhi wa saʿâ» («il y a peiné et s’y est efforcé»). La marge du manuscrit N signale que cette leçon figure dans un exemplaire. (5) «Dalâʾil al-iʿtibâr», p. 22 ; «Tawḥîd al-Mufaḍḍal», p. 103. (6) Leçons : D : «ajtannant» ; T : «ajtabat» ; Q : «ajtannabat». Le texte adopté suit Ḥ et N, considéré correct. Le manuscrit R lit : «fa taḥtabisu al-ḥarâra» («de sorte que la chaleur se retient»).
فصل (١) ثمَّ تأمَّل الحكمةَ في الحبوب (٢)، كالبُرِّ والشعير ونحوهما؛ كيف يخرجُ الحَبُّ مُدْرَجًا في قُشورٍ على رؤوسها أمثالُ الأسنَّة، فلا يتمكَّنُ جُنْدُ الطَّير من إفسادها والعبث فيها؛ فإنه لو صادفَ الحَبَّ بارزًا لا صِوانَ عليه (٣) ولا وقاية تحولُ دونه لتمكَّن منه كلَّ التَّمكُّن، فأفسدَ وعاثَ وعَثَا وأكبَّ عليه أكلًا ما استطاع، وعَجَز أربابُ الزَّرع عن ردِّه. فجعل اللطيفُ الخبيرُ عليه هذه الوقايات لتصونه، فينال الطَّيرُ منه مقدارَ قُوتِه، ويبقى أكثرُه للإنسان؛ فإنه أولى به؛ لأنه هو الذي كَدَحَ فيه وشَقِيَ به (٤)، وكان الذي يحتاجُ إليه أضعاف حاجة الطَّير. فصل (٥) ثمَّ تأمَّل الحكمةَ الباهرة في هذه الأشجار؛ كيف تراها في كلِّ عامٍ لها حملٌ ووَضْع، فهي دائمًا في حملٍ وولادة. فإذا أذِنَ لها ربُّها في الحمل احتبسَت (٦) الحرارةُ الطَّبيعيةُ في داخلها واختبأت فيها؛ ليكون فيها حملُها في الوقت المقدَّر لها، فيكون ذلك الوقتُ
(١) «الدلائل والاعتبار» (٢٠)، «توحيد المفضل» (١٠٠). (٢) (ن): «أكثر الحبوب». (٣) الصُّوان (بالضم والكسر): الوعاء الذي يصان فيه الشيء. «اللسان». (٤) (ح): «كدح فيه وسعى». وفي طرَّة (ن) إشارةٌ إلى أن ذلك في نسخة. (٥) «الدلائل والاعتبار» (٢٢)، «توحيد المفضل» (١٠٣). (٦) (د): «اجتننت». (ت): «اجتبت». (ق): «اجتنبت». والمثبت من (ح، ن)، وهو الصواب. وفي (ر): «فتحتبس الحرارة».

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