Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Considère donc la remarquable sagesse à l’œuvre dans cette matière grasse déposée au cœur du fruit ; car les grains ne peuvent pas s’alimenter les uns les autres : s’ils le faisaient, ils se mêleraient et ne formeraient plus qu’un seul grain. On a donc placé cette substance entre eux (1) afin de les nourrir.

La preuve en est que tu vois les bases mêmes des grains implantées dans cette matière grasse. Il n’en va pas ainsi des grains de raisin : chaque baie s’en dispense, car il lui a été assigné un canal d’où elle se désaltère, sans empiéter sur le droit de sa sœur. La sève circule d’abord dans cette tige par une voie unique, puis se ramifie dans tous les canaux des baies ; de là se déverse (2) dans chaque conduit la portion qui revient à chacune d’elles. Béni soit Allah, le Meilleur des créateurs !

Il a ensuite enveloppé ces grains, à l’intérieur de la grenade, de ces membranes qui les rassemblent et les maintiennent, afin qu’ils ne s’agitent ni ne se dispersent ; puis Il a recouvert le tout d’une écorce dure (3), faisant d’elle un écrin (4), un gardien (5) et un lien conserveur, par Sa permission et Sa puissance.

Voilà bien peu de choses au regard des innombrables manifestations de sagesse renfermées dans ce seul fruit. Nous sommes incapables – et nul autre que nous ne le peut – d’en faire complètement le tour, quand bien même les jours se prolongeraient et que la réflexion (6) disposerait d’un large horizon. Ceci n’est qu’un rappel de ce qui le dépasse, et l’homme avisé s’en contentera. Quant à celui qu’a dominé la perdition, combien de signes dans les cieux et sur la terre traverse-t-il, tout en s’en détournant (7), indifférent

(1) Le manuscrit H porte : « son enveloppe » ; ce mot est absent du manuscrit N. (2) Manuscrit H : « et il en émane ». (3) Manuscrits R et Ḍ : « avec l’écorce protectrice ». (4) Manuscrit T : « sinwanan » (pousses jumelles issues d’une même souche) ; manuscrits N et H : « sunan » (préservation). (5) Manuscrits Q et N : « wa-ḥifzan » (et pour la sauvegarde) ; manuscrit H : « wa-ḥifazan » ; manuscrit Ḍ : « li-taṣūnahū wa-tuḥṣinuhū » (afin de le préserver et de le protéger). (6) Manuscrit T : « adh-dhikr » (le Rappel). (7) Le copiste du manuscrit Q s’est trompé : il a inséré à la place de cette phrase le verset 12 : 105 de la sourate Yusuf, dont l’auteur avait emprunté l’expression, puis il a corrigé la marge pour rétablir la leçon conforme aux autres copies.
فتأمَّل هذه الحكمةَ البديعةَ في الشَّحم المودَع فيها؛ فإنَّ الحَبَّ لا يمدُّ بعضه بعضًا، إذ لو مدَّ بعضُه بعضًا لاختلط وصار حبَّةً واحدة، فجُعِل ذلك الشحمُ خِلاله (١) ليمدَّه بالغذاء. والدليلُ عليه أنك ترى أصول الحَبِّ مركوزةً في ذلك الشَّحم، وهذا بخلاف حَبِّ العنب فإنه استغنى عن ذلك بأن جَعَل لكلِّ حبَّةٍ مجرًى تشربُ منه، فلا تشربُ حقَّ أختها، بل يجري الغذاءُ في ذلك العِرْق مجرًى واحدًا، ثمَّ ينقسمُ منه في مجاري الحبوب كلِّها، فينصبُّ منه (٢) في كلِّ مجرًى غذاءُ تلك الحبَّة، فتبارك الله أحسنُ الخالقين. ثمَّ إنه لَفَّ ذلك الحَبَّ في تلك الرُّمَّانة بتلك اللفائف؛ لتضُمَّه وتمسكه فلا يضطرب ولا يتبدَّد، ثمَّ غشَّى فوق ذلك بالغشاء الصُّلب (٣)، صِوانًا له (٤) وحافظًا (٥) وممسكًا له بإذن الله وقدرته. فهذا قليلٌ من كثيرٍ من حكمة هذه الثَّمرة الواحدة، ولا يمكنُنا ــ ولا غيرَنا ــ استقصاءُ ذلك، ولو طالت الأيامُ واتَّسعَ الفِكْر (٦)، ولكنَّ هذا منبِّهٌ على ما وراءه، واللبيبُ يكتفي ببعض ذلك، وأما من غَلبت عليه الشقاوة، فكأيِّن من آيةٍ في السَّموات والأرض يمرُّ عليها وهو معرضٌ عنها (٧)، غافلٌ
(١) (ح): «غلافه». وسقطت من (ن). (٢) (ح): «فينبعث منه». (٣) (ر، ض): «بالقشرة المستحصفة». (٤) (ت): «صنوانا». (ن، ح): «صونا». (٥) (ق، ن): «وحفظا». (ح): «وحفاظا». (ض): «لتصونه وتحصنه». (٦) (ت): «الذكر». (٧) سها ناسخ (ق) فكتب بدل هذه الجملة آية سورة يوسف: ١٠٥، التي اقتبس منها المصنفُ عبارته، ثم عاد فصحَّحها في الطرَّة بما يوافق باقي النسخ.

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