Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Réfléchis donc à la sagesse qui se manifeste lorsque Lui – exalté soit-Il – fait sortir ces grains pour les bienfaits qu’ils recèlent, puis les revêt d’une pulpe délicieuse et savoureuse dont le fils d’Adam se régale.

Songe ensuite à cette merveilleuse sagesse encore : pour le fruit délicat et léger que l’air et le soleil altéreraient, Il a créé une coque qui le protège et une membrane qui le dissimule, comme c’est le cas de la grenade, de la noix, de l’amande et de leurs pareils. Quant aux fruits qui ne se gâtent pas lorsqu’ils demeurent à découvert, Il leur donne, au moment même où ils apparaissent, une fine enveloppe qui les couvre en raison de leur faiblesse et de leur faible résistance à la chaleur ; puis, lorsqu’ils se raffermissent et gagnent en vigueur, cette gaine se déchire et le fruit s’offre au soleil (1) et à l’air, tel le régime naissant du palmier et autres.

Section (2)

Considère encore la création de la grenade et les merveilles de sagesse qu’elle recèle. À l’intérieur du fruit, tu distingues, semblables à de petites collines (3), des amas de matière blanche et grasse disposés sur les parois ; tu y vois aussi les grains rangés et empilés d’une façon qu’aucune main ne saurait reproduire. Ces grains sont partagés en compartiments et en groupes, chacun d’eux enveloppé (4) de feuillets et de cloisons tissés avec l’entrelacs le plus étonnant, le plus subtil et le plus minutieux (5), sur un métier qui n’est autre que Sa parole : « Sois ! et cela est. » Enfin, tu observes la coque, solide et parfaitement ajustée, qui renferme le tout et le maintient avec la plus grande perfection.

(1) Autrement dit : il s’en est dégagé et en a subi la chaleur. (2) Al-Dalâʾil wa-l-iʿtibâr, p. 22 ; Tawḥîd al-Mufaḍḍal, p. 103-104. (3) Les manuscrits de base portent « al-qilâl », forme fautive ; la leçon retenue provient des copies R et D. Dans le ḥadith, le terme qilâl (grandes jarres) illustre l’ampleur des fruits du Paradis, ce qui ne vaut pas pour les fruits d’ici-bas ; ici, le propos vise seulement à suggérer leur accumulation, non leur taille. (4) Le manuscrit H lit « malfûfah », tandis que N donne « malfûf ». (5) L’expression « wa-adqahu » est absente du manuscrit H.
فتأمَّل الحكمةَ في إخراجه ــ سبحانه ــ هذه الحبوبَ لمنافعَ فيها، وكسوتها لحمًا لذيذًا شهيًّا يتفكَّهُ به ابنُ آدم. ثمَّ تأمَّل هذه الحكمةَ البديعةَ في أنْ جَعَل للثَّمرة الرَّقيقة اللطيفة التي يُفسِدُها الهواءُ والشمسُ غلافًا يحفظُها، وغشاءً يواريها؛ كالرُّمَّان والجَوز واللَّوز ونحوه. وأمَّا ما لا يَفْسُدُ إذا كان بارزًا فجَعَل له في أوَّل خروجه غشاءً يواريه؛ لضعفه ولقلَّة صبره على الحرِّ، فإذا اشتدَّ وقَوِيَ تفتَّق عنه ذلك الغشاءُ وضَحَا للشمس (١) والهواء؛ كطَلْع النَّخل وغيره. فصل (٢) ثمَّ تأمَّل خلقَ الرُّمَّان وماذا فيه من الحِكَم والعجائب؛ فإنك ترى داخلَ الرُّمَّانة كأمثال التِّلال (٣) شحمًا متراكمًا في نواحيها، وترى ذلك الحَبَّ فيها مرصوفًا رصفًا ومنضودًا نضدًا لا يمكنُ الأيدي أن تنضِّده، وترى الحَبَّ مقسومًا أقسامًا وفِرَقًا، وكلَّ قسمٍ وفرقةٍ منه ملفوفًا (٤) بلفائفَ وحُجُبٍ منسوجةٍ أعجبَ نسجٍ وألطفَه وأدقَّه (٥) على غير منوالٍ إلا منوال ﴿كُنْ فَيَكُونُ﴾، ثمَّ ترى الوعاءَ المحكَم الصُّلبَ قد اشتمل على ذلك كلِّه وضمَّه أحسنَ ضمٍّ.
(١) أي: بَرَز لها، وأصابه حرُّها. (٢) «الدلائل والاعتبار» (٢٢)، «توحيد المفضل» (١٠٣ - ١٠٤). (٣) في الأصول: «القلال»، تحريف. والمثبت من (ر، ض). وإنما ذُكِرت القِلالُ في الحديث في مثَل ثمار الجنة لعِظَمها، وليست كذلك ثمار الدنيا. ثم إن المقصود ههنا تمثيل تراكمها لا عِظَمها. (٤) (ح): «ملفوفة». (ن): «ملفوف». (٥) «وأدقه» ليست في (ح).

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