Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il se peut toutefois que ton voile soit si épais que tu t’imagines (1) que leur tasbîḥ ne consiste qu’en l’indication qu’elles donnent de leur Créateur (2). Sache que cette opinion se révèle infondée sous plus de trente aspects, dont nous avons exposé l’essentiel ailleurs (3).

Dans quelle langue, en effet, qualifierait-on la simple indication de l’Artisan de tasbîḥ (glorification), de prosternation (sujûd), de prière (ṣalât), de taʾwīb (chant de louange) ou d’abaissement par crainte, comme le Très-Haut l’énonce dans Son Livre ?

Tantôt, Il les décrit par le tasbîḥ ; tantôt par la prosternation ; tantôt par la prière, comme dans Sa parole : « … ainsi que les oiseaux, ailes déployées : chacun connaît certes sa prière et sa glorification » (An-Nûr, 41). Crois-tu vraiment que le sens de ce verset serait : « chacun, Allah connaît le signe qu’il donne de Lui » ? Qu’Il aurait nommé ce simple indice « prière » et « tasbîḥ », les distinguant puis les reliant l’un à l’autre ?

D’autres fois, Il les évoque sous le terme de taʾwīb, comme dans Sa parole : « Ô montagnes, faites écho avec lui » (Sabaʾ, 10).

(1) Les manuscrits ḥ et n lisent : « fa-dhahabat » (puis elle s’en est allée). (2) C’est l’opinion retenue par plusieurs théologiens : al-Baqillani, Fakhr al-Din al-Razi, al-Qaffal al-Shashi, Ibn Rushd, al-Zamakhshari, etc. Voir : Mafatih al-ghayb, 1/27 ; 4/144 ; 20/348 ; 29/448 ; Manahij al-adilla, 153 ; Tafsir al-Samani, 5/430 ; al-Kashshaf, 2/626 ; al-Miʿyar al-muʿrib, 12/345. (3) Quelques exemples sont recensés dans Al-Ruh, 264. Voir aussi : Masaʾil Harb, 427 ; Maʿani al-Qurʾan de al-Zajjaj, 3/242, 419 ; 5/121 ; Tafsir al-Samani, 3/244, 428 ; 5/245, 364 ; Tabaqat al-Shafiʿiyya d’al-Subki, 8/94-95 ; Risala fi qunut al-ashyaʾ kulliha li-llah, 1/43 (in : Jamʿ al-rasail) ; Qaʿida fi l-mahabba, 23. Ibn Rashiq signale en outre une épître autonome de l’auteur sur cette question ; cf. al-Jamʿ li-sira shaykh al-Islam, 304.
ولعلَّك أن تكون ممَّن غَلُظ حِجابُه، فتذهبَ (١) إلى أنَّ التَّسبيحَ دلالتُها على صانعها فقط (٢)؛ فاعلَم أنَّ هذا القول يظهرُ بطلانُه من أكثر من ثلاثين وجهًا قد ذكرنا أكثرها في موضعٍ آخر (٣). وفي أيِّ لغةٍ تسمَّى الدلالةُ على الصَّانع تسبيحًا وسجودًا وصلاةً وتأويبًا وهُبوطًا من خشيته، كما ذكر تعالى ذلك في كتابه؟! فتارةً يخبرُ عنها بالتَّسبيح، وتارةً بالسُّجود، وتارةً بالصَّلاة؛ كقوله تعالى: ﴿وَالطَّيْرُ صَافَّاتٍ كُلٌّ قَدْ عَلِمَ صَلَاتَهُ وَتَسْبِيحَهُ﴾ [النور: ٤١]، أفترى يقبلُ عقلُك أن يكون معنى الآية: كلٌّ قد عَلِمَ اللهُ دلالته عليه؟! وسمَّى تلك الدَّلالةَ صلاةً وتسبيحًا، وفرَّق بينهما وعَطَف أحدَهما على الآخر! وتارةً يخبرُ عنها بالتَّأويب؛ كقوله: ﴿يَاجِبَالُ أَوِّبِي مَعَهُ﴾ [سبأ: ١٠].
(١) (ح، ن): «فذهبت». (٢) كما ذهب إليه المتكلمون، الباقلاني، والرازي، والقفال الشاشي، وابن رشد، والزمخشري، وغيرهم. انظر: «مفاتيح الغيب» (١/ ٢٧، ٤/ ١٤٤، ٢٠/ ٣٤٨، ٢٩/ ٤٤٨)، و «مناهج الأدلة» (١٥٣)، و «تفسير السمعاني» (٥/ ٤٣٠)، و «الكشاف» (٢/ ٦٢٦)، و «المعيار المعرب» (١٢/ ٣٤٥). (٣) انظر بعضها في «الروح» (٢٦٤). وانظر: «مسائل حرب» (٤٢٧)، و «معاني القرآن» للزجاج (٣/ ٢٤٢، ٤١٩، ٥/ ١٢١)، و «تفسير السمعاني» (٣/ ٢٤٤، ٤٢٨، ٥/ ٢٤٥، ٣٦٤)، و «طبقات الشافعية» للسبكي (٨/ ٩٤، ٩٥)، و «رسالة في قنوت الأشياء كلها لله» (١/ ٤٣ - جامع الرسائل)، و «قاعدة في المحبة» (٢٣)، وله في المسألة قاعدةٌ مفردة ذكرها ابن رشيِّق. انظر: «الجامع لسيرة شيخ الإسلام» (٣٠٤).

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