ont vu leurs racines enfoncées dans la terre ; afin d’en extraire la subsistance (1) et de l’aspirer depuis les profondeurs du sol, pour la transmettre à leurs rameaux, lesquels la font ensuite parvenir aux feuilles et aux fruits, chacun recevant une part déterminée qu’il ne dépasse jamais. Cette nourriture chemine par des canaux et des voies d’une perfection absolue ; l’arbre la puise d’en bas et l’engloutit par ses radicelles comme l’animal avale sa pitance par la bouche, puis il la répartit sur son fardeau selon la capacité (2) de chacun : il octroie à chaque partie ce dont elle a besoin, sans la léser ni la surcharger.
Interroge donc le négateur (3) : qui a conféré à l’arbre une telle faculté ? Qui la lui a enseignée et l’a implantée en lui ?
Quand bien même les premiers et les derniers hommes réuniraient leurs forces et leurs volontés, leur puissance et leur dessein atteindraient-ils à élever (4) ne fût-ce qu’un seul de ces fruits de la même manière, par un simple signe, par un procédé artisanal, par quelque stratagème ou par leur seule manipulation ?
N’est-ce pas, à l’évidence, l’œuvre de Celui dont les créatures témoignent et dont les signes attestent la grandeur, comme on l’a dit :
Ô quel étonnement ! Comment peut-on désobéir au Seigneur,
ou comment le renégat ose-t-il Le renier ?
À Dieu, dans chaque mouvement
et chaque repos, se dresse à jamais un témoin ;
en toute chose se trouve un signe
qui proclame qu’Il est l’Unique (5).