Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ont vu leurs racines enfoncées dans la terre ; afin d’en extraire la subsistance (1) et de l’aspirer depuis les profondeurs du sol, pour la transmettre à leurs rameaux, lesquels la font ensuite parvenir aux feuilles et aux fruits, chacun recevant une part déterminée qu’il ne dépasse jamais. Cette nourriture chemine par des canaux et des voies d’une perfection absolue ; l’arbre la puise d’en bas et l’engloutit par ses radicelles comme l’animal avale sa pitance par la bouche, puis il la répartit sur son fardeau selon la capacité (2) de chacun : il octroie à chaque partie ce dont elle a besoin, sans la léser ni la surcharger.

Interroge donc le négateur (3) : qui a conféré à l’arbre une telle faculté ? Qui la lui a enseignée et l’a implantée en lui ?

Quand bien même les premiers et les derniers hommes réuniraient leurs forces et leurs volontés, leur puissance et leur dessein atteindraient-ils à élever (4) ne fût-ce qu’un seul de ces fruits de la même manière, par un simple signe, par un procédé artisanal, par quelque stratagème ou par leur seule manipulation ?

N’est-ce pas, à l’évidence, l’œuvre de Celui dont les créatures témoignent et dont les signes attestent la grandeur, comme on l’a dit :

Ô quel étonnement ! Comment peut-on désobéir au Seigneur,
ou comment le renégat ose-t-il Le renier ?
À Dieu, dans chaque mouvement
et chaque repos, se dresse à jamais un témoin ;
en toute chose se trouve un signe
qui proclame qu’Il est l’Unique (5).

(1) Les manuscrits T, D et Q lisent : « liyusriʿa bi-hâ » (« afin qu’il s’empresse de la prendre »), tandis que H et N portent : « liyasuġ bi-hâ » (« afin qu’elle passe aisément »). L’édition suit la leçon des manuscrits R et Ḍ. (2) Les manuscrits T et N proposent la variante : « yaḥmiluhu ». (3) Le manuscrit N lit : « fa-s’al al-muʿaṭṭil » (« interroge donc le négateur »). (4) Le manuscrit T donne : « tartîb » (« organisation / agencement »). (5) Ces vers sont attribués à Abû l-ʿAtâhiya : Dîwân, p. 104 ; al-Aġânî, 4/37 ; al-Tamthîl wa-l-Muḥâḍara, p. 11 ; Bahjat al-Majâlis, 2/331, entre autres. Ils sont parfois donnés à Labîd, Maḥmûd al-Warrâq, Abû Nuwâs ou Ibn al-Mubârak, mais sans justification fiable.
لتنزع منها (١) الغذاء وتمتصَّه من أسفل الثَّرى، فتؤدِّيه إلى أغصانها، فتؤدِّيه الأغصانُ إلى الوَرق والثَّمر، كلٌّ له شِرْبٌ معلومٌ لا يتعدَّاه، يصلُ إليه في مَجَارٍ وطرقٍ قد أُحكِمَت غايةَ الإحكام، فتأخذُ الغذاءَ من أسفلَ وتَلْقَمه بعروقها كما يلتقمُ الحيوانُ غذاءه بفمه، ثمَّ تقسِّمه على حملها بحسب ما يحتملُه (٢)، فتعطي كلَّ جزءٍ منه بحسب ما يحتاجُ إليه لا تظلمُه ولا تزيدُه على قَدْر حاجته. فسَلِ الجاحدَ (٣): من أعطاها هذا؟ ومن هداها إليه ووَضَعَه فيها؟ فلو اجتمعَ الأوَّلون والآخِرون هل كانت قدرتُهم وإرادتُهم تصلُ إلى تربية (٤) ثمرةٍ واحدةٍ منها هكذا بإشارةٍ أو صناعةٍ أو حيلةٍ أو مزاوَلة؟ وهل ذلك إلا صُنْعُ من شَهِدَت له مصنوعاتُه، ودلَّت عليه آياتُه، كما قيل: فوا عَجبًا كيف يُعصى الإلـ ... ـهُ أم كيف يجحَدُه الجاحِدُ وللهِ في كُلِّ تحريكةٍ ... وتسكينةٍ أبدًا شاهِدُ وفي كلِّ شيءٍ له آيةٌ ... تَدُلُّ على أنه واحِدُ (٥)
(١) (ت، د، ق): «ليسرع بها». (ح، ن): «ليسوغ بها». والمثبت من (ر، ض). (٢) (ت، ن): «يحمله». (٣) (ن): «فاسأل المعطل». (٤) (ت): «ترتيب». (٥) الأبيات لأبي العتاهية في ديوانه (١٠٤)، و «الأغاني» (٤/ ٣٧)، و «التمثيل والمحاضرة» (١١)، و «بهجة المجالس» (٢/ ٣٣١)، وغيرها كثير. ونُسِبَت إلى لبيد، ومحمود الوراق، وأبي نواس، وابن المبارك، في مصادر أخرى، ولا يصحُّ من ذلك شيء.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies