Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

qui réjouissent les regards des observateurs, ainsi que la belle apparence des arbres et la perfection de leur forme, autant de témoins éclatants de la sagesse et de la sollicitude suprêmes de Celui qui les a créés et façonnés.

Puis considère l’éclosion de cette fleur éclatante issue de ce même bois, l’apparition du feuillage verdoyant, puis la formation de ces fruits aux espèces, formes et tailles variées, à la diversité de couleurs, de saveurs, de parfums et d’utilités, conformes à ce que l’on en attend.

Réfléchis encore : où tout cela était-il donc déposé, sinon dans ce tronc et ces rameaux ? L’arbre fut fait pour eux comme une mère. L’impuissant et faible « père » aurait-il pu, à lui seul, produire cette mise en scène merveilleuse, cette ordonnance parfaite, ces pigments incomparables, ces saveurs délectables, ces senteurs (1) agréables et ces paysages ravissants ?

Interroge donc le négateur : qui a mesuré, modelé, fait paraître et disposé (2) tout cela progressivement, et qui a conduit la sève jusque-là par ces veines si fines que l’œil peine à les discerner, par ces canaux si subtils ?

Qui donc a pris cela en charge, qui a fait se lever pour elle le soleil, soumis à son service les vents, fait descendre sur elle la pluie et repoussé d’elle les fléaux ?

Contemple enfin le décret du Très-Doux, du Parfaitement Connaisseur : les arbres, ayant besoin d’un aliment constant comme les êtres humains et les autres animaux, mais dépourvus de bouches et de mouvement pour aller chercher leur nourriture, ont vu leurs racines enfoncées dans la terre ;

(1) Pluriel au second degré du terme « rih » (vent), tournure rare attestée dans le Lisân al-Arab. On la rencontre chez al-Jahiz et d’autres grands stylistes, et l’auteur y recourt parfois. Voir : Ibn al-Qayyim, Zad al-maʿad, t. 4, p. 91 ; id., Shifa al-ʿalil, p. 648. (2) Le manuscrit H porte : « wa tarbiyatihi » (« et son élevage »).
يسرُّ النَّاظرين، وحُسْن مرأى الشجر وخِلْقَتها البديعة الشاهدة لفاطرها ومبدعها بغاية الحكمةِ واللُّطف. ثمَّ إذا تأمَّلتَ إخراجَ ذلك النَّوْر البهيِّ من نفس ذلك الحطب، ثمَّ إخراجَ الوَرَق الأخضر، ثمَّ إخراجَ تلك الثِّمار على اختلاف أنواعها وأشكالها ومقاديرها، وألوانها وطُعومها وروائحها ومنافعها وما يرادُ منها. ثمَّ تأمَّل أين كانت مُستودعَةً في تلك الخشبة وهاتيك العِيدان، وجُعِلت الشجرةُ لها كالأمِّ، فهل كان في قدرة الأب العاجز الضعيف إبرازُ هذا التَّصوير العجيب، وهذا التقدير المُحْكَم، وهذه الأصباغ الفائقة، وهذه الطُّعوم اللذيذة والأراييح (١) الطيِّبة، وهذه المناظر المستحسَنة؟! فسَلِ الجاحدَ: من تولى تقديرَ ذلك وتصويرَه وإبرازه وترتيبَه (٢) شيئًا فشيئًا، وسَوْقَ الغذاء إليه في تلك العُروق اللِّطاف التي يكادُ البصرُ يعجزُ عن إدراكها وتلك المجاري الدِّقاق؟! فمن الذي تولى ذلك كلَّه؟! ومن الذي أطْلَع لها الشمس، وسخَّر لها الرياح، وأنزَل عليها المطر، ودَفَع عنها الآفات؟! وتأمَّل تقديرَ اللطيف الخبير؛ فإنَّ الأشجار لما كانت تحتاجُ إلى الغذاء الدَّائم، كحاجة النَّاس وسائر الحيوان، ولم يكن لها أفواهٌ كأفواه الحيوان، ولا حركةٌ تنبعثُ بها لتناول الغذاء؛ جُعِلت أصولُها مركوزةً في الأرض؛
(١) جمعُ الجمع لكلمة «ريح»، وهي شاذة، كما في «اللسان». وتقع في كلام الجاحظ وغيره من أمراء البيان. والمصنف يستعملها أحيانًا. انظر: «زاد المعاد» (٤/ ٩١)، و «شفاء العليل» (٦٤٨). (٢) (ح): «وتربيته».

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