Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

, puis qu’Il la fait redescendre sur la terre, dans un suprême raffinement de douceur et de sagesse (1) qu’aucune intelligence, même celle des plus grands sages, ne saurait dépasser ; Il la fit ainsi descendre, accompagnée de Sa miséricorde, sur la terre.

Section (2)

Considère ensuite la sagesse parfaite qui préside à son envoi selon la mesure du besoin : dès que la terre a reçu ce qui lui est nécessaire et qu’une pluie continue lui deviendrait nuisible, Il la fait cesser et la fait suivre d’un ciel clair. Ainsi le temps clair et la couverture nuageuse se relaient (3) sur le monde pour assurer son bien-être ; si l’un des deux venait à durer, il entraînerait sa ruine.

En effet, si les averses se succédaient sans répit, elles détruiraient tout ce qui se trouve à la surface de la terre ; si elles dépassaient la quantité requise, elles abîmeraient céréales et fruits, feraient pourrir les cultures et les légumes, relâcheraient les corps (4) et épaissiraient l’air (5). Il en résulterait toutes sortes de maladies ; la plupart des aliments se corrompraient, et les routes comme les chemins deviendraient impraticables.

À l’inverse, si le temps clair se prolongeait indéfiniment, les corps se dessécheraient, l’eau s’évanouirait, et la source des fontaines, des puits, des rivières et des vallées serait tarie ; le dommage deviendrait immense, l’air s’échaufferait (6), tout ce qui pousse sur la terre se dessécherait, les corps se déshydrateraient et la sécheresse régnerait, engendrant là encore diverses maladies.

(1) Les manuscrits de base lisent «biʿinaya» («avec soin»), lecture fautive. (2) Voir al-Dalaʾil wa-l-Iʿtibâr, p. 18 ; et Tawḥîd al-Mufaḍḍal, p. 94-95. (3) Le manuscrit ḥāʾ donne «muʿtaqibân», le manuscrit nūn «mutaʿâqibân», le manuscrit ḍād «yataʿâqibân». (4) Les manuscrits rāʾ et ḍād portent : «wa-istarakhath abdân al-ḥayawân» («les corps des animaux se sont relâchés»). (5) «Il l’a rendu épais, car il est saturé d’humidité». Var. : ms. ḥāʾ, nūn «wa-ḥarrat» ; ms. ḍād «wa-ḥasarat». Al-Biḥâr, 3/125 et 56/385 : «wa-khaṣarat». Khaṣira : son froid devint intense. (6) Sa chaleur devint très forte.
بغايةٍ (١) من اللُّطف والحكمة التي لا اقتراحَ لجميع عقول الحكماء فوقها فأنزله ومعه رحمتُه على الأرض. فصل (٢) ثمَّ تأمَّل الحكمةَ البالغةَ في إنزاله بقَدْر الحاجة، حتى إذا أخذت الأرضُ حاجتَها منه، وكان تتابعُه عليها بعد ذلك يضرُّها= أقلَع عنها وأعقَبه بالصَّحو، فهما ــ أعني الصَّحوَ والغَيم ــ يَعْتَقِبان (٣) على العالم لما فيه صلاحُه، ولو دام أحدُهما كان فيه فسادُه. فلو توالت الأمطارُ لأهلكت ما على الأرض، ولو زادت على الحاجة أفسدت الحبوبَ والثِّمار، وعفَّنت الزروعَ والخضروات، وأرخَت الأبدان (٤)، وخثَّرت (٥) الهواء، فحدثَت ضروبٌ من الأمراض، وفَسَد أكثرُ المآكل، وتقطَّعت المسالكُ والسُّبل. ولو دام الصَّحوُ لجفَّت الأبدان، وغِيض الماءُ، وانقطع مَعِينُ العيون والآبار والأنهار والأودية، وعَظُمَ الضرر، واحْتَدَم الهواء (٦)، فيَبِسَ ما على الأرض، وجفَّت الأبدان، وغَلَب اليُبْس، فأحدثَ ذلك ضُروبًا من الأمراض
(١) في الأصول: «بعناية». تحريف. (٢) «الدلائل والاعتبار» (١٨)، «توحيد المفضل» (٩٤ - ٩٥). (٣) (ح): «معتقبان». (ن): «متعاقبان». (ض): «يتعاقبان». (٤) (ر، ض): «واسترخت أبدان الحيوان». (٥) جعلته خاثرًا، لتشبعه بالرطوبة. (ح، ن): «وحرت». (ض): «وحصر». وفي «البحار» (٣/ ١٢٥، ٥٦/ ٣٨٥): «وخصر». خَصِر: اشتدَّ بردُه. (٦) اشتدت حرارته.

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