Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et, dans le Muwattaʾ (1), on rapporte — remontant au Prophète et compté parmi les quatre hadiths à chaîne coupée (2) — cette parole : « Lorsque se forme un nuage né de la mer, puis qu’il oblique vers le nord, voilà la source de Ghudayqa » (3).

Allah — glorifié soit-Il — suscite ensuite l’eau au sein des nuées : tantôt Il transforme l’air en eau (4), tantôt l’air prélève l’humidité de la mer, fécondant les nuages, puis Il en fait tomber la pluie sur la terre selon la sagesse que nous avons exposée. S’Il avait acheminé cette eau directement de la mer vers la terre en la faisant simplement couler à sa surface, l’irrigation générale ne se serait obtenue qu’au prix de la dévastation d’une large partie du sol, et l’arrosage n’aurait pas atteint toutes ses régions.

C’est donc dans Sa douceur et Sa puissance qu’Il la fait monter dans l’atmosphère (5), puis qu’Il la fait redescendre sur la terre.

(1) Le ḥadith n° 517 est cité ici comme simple balāgh. At-Ṭabarānī l’a néanmoins transmis avec une chaîne continue dans al-Awsat (7757), de même qu’Ibn Abī Dunyā dans al-Maṭar (42) et Abū Shaykh dans al-ʿAẓama (722), d’après ʿĀʾisha, sous forme marfūʿ, avec un isnād très faible. Aš-Šāfiʿī le rapporte aussi dans al-Umm (2/561) par une autre voie, mursala, tout aussi fragile. Cf. encore : al-Tamhīd (24/377) et Fatḥ al-Bārī d’Ibn Rajab (9/266). (2) Ibn ʿAbd al-Barr indique dans Taǧrīd al-Tamhīd (p. 242, 249, 253) que le Muwaṭṭaʾ contient soixante-et-un ḥadiths rapportés comme balāgh ou mursals attribués à Mālik ; il en a retrouvé toutes les chaînes, sauf quatre – dont celui-ci. Ibn aṣ-Ṣalāḥ a rédigé une épître consacrée au rattachement de ces traditions, imprimée en appendice au Tawǧīh an-Naẓar d’al-Jazāʾirī ; son analyse du présent ḥadith se trouve t. 2, p. 928. (3) nashaʾat : « elle a commencé, s’est élevée » ; baḥriyya : « venant du côté de la mer » ; tašāʾamat : « elle s’est dirigée vers aš-Šām » (la Syrie) ; « fa-tilka ʿaynun ḡudayqa » : « c’est un nuage à l’eau abondante ». (4) Variante du manuscrit Q : « bi-qalbi al-hawāʾ māʾ » (« l’air se transforme en eau »). (5) Variante des manuscrits H et N : « fa baʿadahu » (« Il l’en a alors éloigné »).
وفي «الموطَّأ» (١) مرفوعًا، وهو أحدُ الأحاديث الأربعة المقطوعة (٢): «إذا نَشَأت سحابةٌ بحريَّةً ثمَّ تشاءمت فتلك عينٌ غُدَيْقَة» (٣). والله سبحانه ينشاء الماءَ في السَّحاب إنشاءً، تارةً يَقْلِبُ الهواءَ ماءً (٤) وتارةً يحملُه الهواءُ من البحر فيَلْقَحُ به السَّحابَ ثمَّ ينزلُ منه على الأرض للحكمة التي ذكرناها، ولو أنه ساقه من البحر إلى الأرض جاريًا على ظهرها لم يحصُل عمومُ السَّقي إلا بتخريب كثيرٍ من الأرض، ولم يحصُل عمومُ السَّقي لأجزائها. فصاعَدَه (٥) سبحانه إلى الجوِّ بلُطفه وقدرته، ثمَّ أنزله على الأرض
(١) (٥١٧) بلاغًا. وأخرجه موصولًا الطبراني في «الأوسط» (٧٧٥٧)، وابن أبي الدنيا في «المطر» (٤٢)، وأبو الشيخ في «العظمة» (٧٢٢)، عن عائشة مرفوعًا بإسنادٍ ضعيفٍ جدًّا. وأخرجه الشافعي في «الأم» (٢/ ٥٦١) من وجهٍ آخر مرسلًا، وإسناده شديد الضعف. وانظر: «التمهيد» (٢٤/ ٣٧٧)، و «فتح الباري» لابن رجب (٩/ ٢٦٦). (٢) ذكر ابن عبد البر في «تجريد التمهيد» (٢٤٢، ٢٤٩، ٢٥٣) أن في «الموطأ» من بلاغات مالك ومرسلاته واحدًا وستين حديثًا، وجَدَها كلَّها متصلةً، حاشا أربعة أحاديث لم يستطع وَصْلَها، وهذا الحديثُ أحدها. وقد صنف ابنُ الصلاح رسالةً في وصل هذه الأحاديث، مطبوعة بذيل «توجيه النظر» للجزائري، وكلامُه عن هذا الحديث فيها (٢/ ٩٢٨). (٣) «نشأت»: ابتدأت وارتفعت. «بحرية»: من ناحية البحر. «تشاءمت»: أخذت نحو الشام. «فتلك عينٌ غُدَيقة»: سحابةٌ يكون ماؤها غزيرًا. (٤) (ق): «بقلب الهواء ماء». (٥) (ح، ن): «فباعده».

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