Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Section (1)

Considère ensuite la profonde sagesse qui veut que la pluie descende de haut en bas : ainsi, son irrigation embrasse à la fois plaines et collines, plateaux rocailleux et buttes, terres basses comme reliefs. Si le Seigneur, exalté soit-Il, n’arrosait (2) la terre que d’un seul côté, l’eau n’atteindrait les hauteurs qu’après s’être amassée en contrebas et en grande quantité ; un tel procédé engendrerait alors dommages et corruption.

Sa sagesse a donc décrété qu’elle fût abreuvée d’en-haut : le Très-Haut forme les nuées — outres de la terre — puis Il dépêche les vents qui, puisant l’eau de la mer, fécondent ces nuages comme l’étalon féconde la femelle. C’est pourquoi les contrées proches de la mer reçoivent d’abondantes pluies, tandis que, plus on s’en éloigne, plus la pluie se fait rare (3).

À ce propos, le poète (4) décrivant la nuée a dit :
« Elles ont bu l’eau de la mer, puis se sont élevées…
Quand mugissent pour elles les vagues profondes et verdoyantes (5). »

(1) Al-Dalâʾil wa-l-Iʿtibâr, p. 17 ; Tawḥîd al-Mufaḍḍal, p. 95-96. (2) Les manuscrits R et Ḍ portent « yatiha » (vient à elle). (3) Le copiste du manuscrit H a consigné en marge quelques propos d’Ibn Taymiyya sur la formation de la pluie ; voir : Minhâj as-Sunna, 5/439-444 ; Majmûʿ al-Fatâwâ, 16/16 et 24/262 ; Sharḥ Suqṭ az-Zand, 1/355 ; Iḍâʾat ar-Râmûs, 1/195. (4) Il s’agit d’Abû Ḏuʾayb al-Hudhali, dans un poème cité par le Dîwân al-Hudhalîyîn, 1/50 ; le vers est analysé in extenso dans Sharḥ Ašʿâr al-Hudhalîyîn, 3/1387. (5) « Matâ lajj » signifie : « min lajj » (de profondeurs) ; « lahunna naʾij » désigne un passage rapide accompagné de bruit. Voir : Ḫizânat al-Adab, 7/97.
فصل (١) ثمَّ تأمَّل الحكمةَ البالغةَ في نزول المطر على الأرض من عُلوٍّ ليعُمَّ بسَقْيه وِهادَها وتِلالها، وظِرابها وآكامها، ومنخفَضها ومرتفعَها، ولو كان ربها تعالى إنما يسقيها (٢) من ناحيةٍ من نواحيها لما أتى الماءُ على الناحية المرتفعة إلا إذا اجتمع في السُّفلى وكثُر، وفي ذلك ضررٌ وفساد. فاقتضت حكمتُه أن سقاها من فوقها؛ فينشاءُ سبحانه السَّحابَ ــ وهي روايا الأرض ــ، ثمَّ يرسلُ الرياح فتحملُ الماءَ من البحر وتَلْقَحُها به كما يَلْقَحُ الفحلُ الأنثى. ولهذا تجدُ البلادَ القريبة من البحر كثيرةَ الأمطار، وإذا بَعُدَت من البحر قلَّ مطرُها (٣). وفي هذا المعنى قولُ الشاعر (٤) يصفُ السَّحاب: شَرِبْنَ بماءِ البحرِ ثمَّ تَرفَّعَتْ ... متى لُجَجٍ خُضْرٍ لهنَّ نَئيجُ (٥)
(١) «الدلائل والاعتبار» (١٧)، «توحيد المفضل» (٩٥ - ٩٦). (٢) (ر، ض): «يأتيها». (٣) نقل ناسخ (ح) في الطرَّة بعض كلام شيخ الإسلام ابن تيمية في تكوُّن المطر. وانظر: «منهاج السنة» (٥/ ٤٣٩ - ٤٤٤)، و «مجموع الفتاوى» (١٦/ ١٦، ٢٤/ ٢٦٢)، و «شروح سقط الزند» (١/ ٣٥٥)، و «إضاءة الراموس» (١/ ١٩٥). (٤) وهو أبو ذؤيب الهذلي. من كلمةٍ في «ديوان الهذليين» (١/ ٥٠). وتخريج البيت في «شرح أشعار الهذليين» (٣/ ١٣٨٧). (٥) «متى لجج» يعنى: مِنْ لجج. و «لهن نئيج» أي: مَرٌّ سريعٌ بصوت. انظر: «خزانة الأدب» (٧/ ٩٧).

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