leur champ d’action, leurs pâturages, leur séjour d’été et leur refuge d’hiver.
Ensuite, ces espaces offrent encore aux hommes un vaste souffle, un lieu d’échappée et de mouvement lorsqu’ils doivent voyager, mener la vie nomade (1) ou s’établir ailleurs ; que de plaines désertiques, uniformes (2), sont ainsi devenues des palais (3), des vergers et des demeures !
N’eût été l’ampleur et la vasteté (4) de la terre, ses habitants auraient ressemblé à des assiégés, prisonniers dans leurs lieux : ils n’auraient trouvé nulle issue lorsqu’un fardeau (5) les en aurait chassés et contraints au départ.
Il en va de même pour l’eau : si elle n’était pas si abondante, ruisselant dans les vallées et les fleuves, elle ne suffirait pas aux besoins des hommes ; le fort l’emporterait alors sur le faible, la monopolisant à son détriment, et le dommage surviendrait, la calamité deviendrait immense, tandis que tout être vivant — oiseaux, bêtes sauvages et fauves — en dépend avec acuité. La sagesse a donc voulu qu’elle fût, en tout temps, d’une telle profusion et largesse.
Quant au feu, nous avons vu que la sagesse a exigé qu’il demeurât latent (6) : aussitôt que l’être humain le veut, il le fait jaillir à l’instant voulu. Bien qu’il ne soit pas diffusé (7) partout, il est néanmoins prêt (8), disponible dès qu’on en a besoin, suffisant pour tout usage requis ; il est simplement déposé dans des corps faits pour en être les gisements, selon la sagesse déjà exposée.