Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

En somme, la sagesse d’Allah — exalté soit-Il — a voulu que ces deux métaux précieux demeurent rares et bien moins abondants que le fer, le cuivre ou le plomb, afin d’assurer la bonne marche des affaires humaines (1).

On le constate aisément : qu’un objet nouveau, élégant et apprécié paraisse parmi les biens fabriqués par les hommes, il devient précieux et recherché tant qu’il est rare ; mais qu’il se répande, qu’il abonde entre toutes les mains, accessibles aussi bien aux notables qu’au commun, et sa valeur chute, tout comme le désir qu’on éprouvait pour lui. D’où l’adage : « La préciosité d’une chose vient de sa rareté » (2). C’est pourquoi, très souvent, ceux qui se montrent le moins empressés envers un savant sont sa propre famille et ses voisins, tandis que les plus éloignés de lui sont ceux qui le recherchent le plus.

Section (3)

Contemple l’admirable sagesse par laquelle le Très-Haut facilite à Ses serviteurs ce dont ils ont le plus besoin, en l’offrant largement et généreusement : plus la nécessité est grande, plus la chose se fait abondante ; à mesure que le besoin décroît, elle se raréfie ; et lorsque le besoin est moyen, sa présence l’est tout autant — ni omniprésente ni exceptionnelle — selon le degré de chaque nécessité.

Applique ce principe aux quatre éléments : la terre, l’eau, l’air et le feu. Médites sur l’étendue, la profusion et l’universalité de ce qu’Allah a créé à partir d’eux.

Considère, par exemple, l’immensité de l’air, sa présence partout et en tout lieu, car tout être vivant créé

(1) Les manuscrits ḥa et nūn portent : amr al-muslimin (les affaires des musulmans). (2) Voir : al-Mathal al-sa'ir, t. 1, p. 101. (3) Al-Dala'il wal-i'tibar, p. 15 ; Tawhid al-Mufaddal, p. 90 et 93.
والمقصودُ أنَّ حكمةَ الله تعالى اقتضت عِزَّة هذين الجوهرَين وقلَّتهما بالنسبة إلى الحديد والنُّحاس والرَّصاص؛ لصلاح أمر النَّاس (١). واعتَبِر ذلك بأنه إذا ظهرَ الشيءُ الظَّريفُ المستَحسَنُ مما يحدِثُه النَّاسُ من الأمتعة، كان نفيسًا عزيزًا ما دام فيه قِلَّةٌ وهو مرغوبٌ فيه، فإذا فشا وكثُر في أيدي النَّاس وقَدَرَ عليه الخاصُّ والعامُّ سقط عندهم وقلَّت رغباتُهم فيه، ومن هذا قولُ القائل: «نفاسةُ الشيء مِنْ عِزَّتِه» (٢)، ولهذا كان أزهدَ النَّاس في العالِم أهلُه وجيرانُه وأرغبَهم فيه البُعداءُ عنه. فصل (٣) وتأمَّل الحكمةَ البديعةَ في تيسيره سبحانه على عباده ما هم أحوجُ إليه وتوسيعه وبَذْلِه، فكلَّما كانوا أحوجَ إليه كان أكثرَ وأوسع، وكلَّما استغنَوا عنه كان أقلَّ، وإذا توسَّطت الحاجةُ توسَّط وجودُه، فلم يكن بالعامِّ ولا بالنادر، على مراتب الحاجات وتفاوتها. فاعتَبِر هذا بالأصول الأربعة: التُّراب والماء والهواء والنَّار، وتأمَّل سَعة ما خلق الله منها وكثرتَه وعمومَه. فتأمَّل سَعة الهواء وعمومَه ووجودَه بكلِّ مكان؛ لأنَّ الحيوانَ المخلوق
(١) (ح، ن): «أمر المسلمين». (٢) انظر: «المثل السائر» (١/ ١٠١). (٣) «الدلائل والاعتبار» (١٥)، «توحيد المفضل» (٩٠، ٩٣).

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