pour les biens précieux, les transactions et les soldes des combattants (1) ; dès lors, nul ne se mettrait plus au service d’autrui, puisque tous deviendraient détenteurs d’or et d’argent. Or, s’Il avait enrichi toutes Ses créatures, Il les aurait en réalité toutes appauvries (2). Qui, alors, accepterait d’avilir sa personne dans ces métiers sans lesquels le monde ne peut tenir ?!
Gloire à Celui qui a fait de la précieuse dignité de ces deux métaux le pivot de l’ordre universel, sans pour autant les rendre, dans leur noblesse, semblables à l’al-kibrît al-aḥmar (« le soufre rouge ») (3), substance inaccessible qui eût annihilé tout intérêt. Au contraire, Il les a disposés et diffusés dans le monde avec la mesure qu’ont dictée Sa sagesse, Sa miséricorde et le bien des hommes.
J’ai lu, de la main même du savant Jibrîl ibn Nûh al-Anbârî (4), le récit suivant : « L’un de ceux qui exploitent les minerais (5) m’a rapporté qu’ils s’étaient aventurés fort loin, à la recherche de ces métaux, jusqu’aux confins d’une montagne. Ils parvinrent à un endroit où ils aperçurent (6) des amoncellements d’argent hauts comme des montagnes. Mais, en contrebas, se trouvait une vallée qu’un torrent impétueux (7), au débit abondant, traversait – impossible à franchir (8) – et l’on ne voyait nul moyen de le passer. Ils rebroussèrent donc chemin pour fabriquer ce qui leur permettrait de le traverser ; lorsqu’ils eurent achevé leurs préparatifs et revinrent, ils cherchèrent le lit du fleuve, mais ils n’en retrouvèrent (9) plus trace. »