Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

pour les biens précieux, les transactions et les soldes des combattants (1) ; dès lors, nul ne se mettrait plus au service d’autrui, puisque tous deviendraient détenteurs d’or et d’argent. Or, s’Il avait enrichi toutes Ses créatures, Il les aurait en réalité toutes appauvries (2). Qui, alors, accepterait d’avilir sa personne dans ces métiers sans lesquels le monde ne peut tenir ?!

Gloire à Celui qui a fait de la précieuse dignité de ces deux métaux le pivot de l’ordre universel, sans pour autant les rendre, dans leur noblesse, semblables à l’al-kibrît al-aḥmar (« le soufre rouge ») (3), substance inaccessible qui eût annihilé tout intérêt. Au contraire, Il les a disposés et diffusés dans le monde avec la mesure qu’ont dictée Sa sagesse, Sa miséricorde et le bien des hommes.

J’ai lu, de la main même du savant Jibrîl ibn Nûh al-Anbârî (4), le récit suivant : « L’un de ceux qui exploitent les minerais (5) m’a rapporté qu’ils s’étaient aventurés fort loin, à la recherche de ces métaux, jusqu’aux confins d’une montagne. Ils parvinrent à un endroit où ils aperçurent (6) des amoncellements d’argent hauts comme des montagnes. Mais, en contrebas, se trouvait une vallée qu’un torrent impétueux (7), au débit abondant, traversait – impossible à franchir (8) – et l’on ne voyait nul moyen de le passer. Ils rebroussèrent donc chemin pour fabriquer ce qui leur permettrait de le traverser ; lorsqu’ils eurent achevé leurs préparatifs et revinrent, ils cherchèrent le lit du fleuve, mais ils n’en retrouvèrent (9) plus trace. »

(1) Il vise sans doute les « ghana’im » (butins) ; le manuscrit Ḥ porte « al-mu‘amala » (la transaction). (2) Passage absent des manuscrits T, Ḥ et N. (3) Voir : Taj al-‘Arus, entrée « k-b-r-t », ainsi que le Commentaire sur al-Hayawan, vol. 5, p. 95. (4) Les manuscrits Q, D et T lisent « Ruh » ; il s’agit peut-être de l’auteur ou du copiste, comme indiqué dans l’introduction. (5) Les manuscrits Q et D portent : « yudawil al-ma‘adin » (« il traite les métaux »). (6) Les manuscrits Ḥ et N lisent : « wa-idha fihi » (« et si dedans »). (7) Le texte adopté est « shadid al-jary » (très rapide) ; les sources principales ont « muta­salliban » (solidifié), le manuscrit R lit « muta­silan » (continu), la leçon retenue suit le manuscrit Ḍ. (8) Le manuscrit Ḍ lit : « la yudraku ghawruhu » (« on n’en atteint pas la profondeur »). (9) Les manuscrits Ḥ et N portent : « waqafou » (« ils se sont arrêtés »).
الأموال والمعاملات وأرزاق المقاتِلَة (١)، ولم يتسخَّر بعضُ النَّاس لبعض؛ إذ يصيرُ الكلُّ أربابَ ذهبٍ وفضَّة، فلو أغنى خلقَه كلَّهم لأفقَرهم كلَّهم (٢)، فمن يرضى لنفسه بامتهانها في الصَّنائع التي لا قِوامَ للعالَم إلا بها؟! فسبحان من جَعَل عِزَّتهما سببَ نظام العالَم، ولم يجعلهما في العزَّة كالكبريت الأحمر الذي لا يوصلُ إليه (٣)، فتفوتُ المصلحةُ بالكلِّيَّة، بل وضعهما وبثَّهما في العالَم بقَدْرٍ اقتضته حكمتُه ورحمتُه ومصالحُ عباده. وقرأتُ بخطِّ الفاضل جبريل بن نوح (٤) الأنباري، قال: أخبرني بعض من تداوَل المعادنَ (٥) أنهم أوغَلوا في طلبها إلى بعض نواحي الجبل، فانتهوا إلى موضعٍ رأوا فيه (٦) أمثال الجبال من الفضة، ومن دون ذلك وادٍ يجري مُنْصَلِتًا (٧) بماءٍ غزيرٍ لا يُدْرَك (٨)، ولا حيلة في عُبوره، فانصرفوا إلى حيث يعملون ما يَعْبُرون به، فلمَّا هيَّؤوه وعادوا راموا طريقَ النَّهر فما وقعوا (٩) له
(١) لعله يريد: الغنائم. وفي (ح): «المعاملة». (٢) ليست في (ت، ح، ن). (٣) انظر: «تاج العروس» (كبرت)، والتعليق على «الحيوان» (٥/ ٩٥). (٤) (ق، د، ت): «روح». ولعله مؤلف الكتاب أو ناسخه، كما مر في المقدمة. (٥) (ق، د): «يداول المعادن». (٦) (ح، ن): «وإذا فيه». (٧) شديد الجري. وفي الأصول: «متصلبا». (ر): «متصلًا». والمثبت من (ض). (٨) (ض): «لا يدرك غوره». (٩) (ح، ن»: «وقفوا».

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