Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

il n’est donc nullement surprenant de la part d’Allah, et cela n’est en rien contraire à Sa sagesse, qu’Il destine à ce cœur un feu qui le fasse fondre, puisqu’il n’a pas su s’attendrir à l’écoute de Sa parole (1), à Son rappel, à Ses avertissements et à Ses exhortations.

Ainsi, celui dont le cœur ne s’adoucit pas pour Allah dans cette demeure, qui ne revient pas vers Lui, que Son amour et les larmes nées de Sa crainte ne font pas fondre, qu’il jouisse donc pour un temps bien court ; car le plus grand adoucisseur l’attend. Bientôt il sera ramené à Celui qui connaît le visible et l’invisible ; alors il verra et saura.

Section

Or Sa sagesse ﷻ a voulu qu’Il dispose sur la terre des plaines et des reliefs escarpés (2), des montagnes et des étendues de sable, afin que tout cela soit mis à profit (3) pour Sa cause et que le but pour lequel la terre a été créée soit atteint ; et c’est par ce signe qu’elle a été préparée (4). Il en est donc résulté qu’elle ressemble à une mère qui porte en son ventre toutes sortes d’enfants ; puis elle livre aux hommes et aux animaux ce que son Seigneur lui a permis d’extraire, soit qu’ils le sachent (5), soit qu’ils l’ignorent, avant que ce qui est sorti d’elle ne lui soit finalement rendu.

Il l’a faite, exalté soit-Il, un réceptacle pour les vivants tant qu’ils évoluent sur sa surface. Lorsqu’ils meurent, elle les reçoit (6) en son sein, devenant alors leur réceptacle : elle les porte sur son dos vivants et les renferme en son ventre morts. Puis, lorsque viendra le Jour fixé, qu’elle sera alourdie par son fardeau et que l’heure sera arrivée

(1) Les manuscrits D, Q, T et H portent : « ‘ala kalamihi » (sur Sa parole). (2) Les manuscrits Q, T et D lisent : « al-suhul wa-l-wu‘ur » (les plaines et les terrains accidentés). (3) Le manuscrit N lit : « bi-kulli shay’ » (de toute chose). (4) Tel est le texte des sources principales ; il s’agit peut-être de « al-hay’a » (l’aspect) ; le manuscrit Ṭa donne : « al-mathaba » (le refuge). (5) Le manuscrit T lit : « bi-‘ilmihi » (par Sa science) ; les manuscrits H et N : « bi-‘amalihim » (par leurs actes). (6) Les manuscrits Q et D lisent : « istawda‘ahum » (Il les a confiés).
بمُسْتَنْكَرٍ لله ﷿ ولا يخالفُ حكمتَه أن يخلقَ لها نارًا تُذِيبُها إذْ لم تَلِن لكلامه (١) وذِكْره وزواجره ومواعظه. فمن لم يَلِن لله في هذه الدَّار قلبُه، ولم يُنِب إليه، ولم يُذِبْهُ بحبِّه والبكاء من خشيته، فليتمتَّع قليلًا، فإنَّ أمامه المُلَيِّن الأعظم، وسيُردُّ إلى عالِم الغيب والشَّهادة فيَرى ويَعْلَم. فصل ولمَّا اقتضت حكمتُه ﵎ أنْ جَعَل من الأرض السَّهْلَ والوَعْر (٢)، والجبالَ والرِّمال؛ ليُنتَفعَ بكلِّ ذلك (٣) في وَجْهِه، ويحصُل منه ما خُلِقَ له، وهُيِّئت الأرض بهذه الآية (٤) = لَزِمَ من ذلك أن صارت كالأمِّ التي تحملُ في بطنها أنواعَ الأولاد من كلِّ صنف، ثمَّ تُخْرِجُ إلى النَّاس والحيوان من ذلك ما أذِنَ لها فيه ربُّها أن تخرجَه، إمَّا بعلمهم (٥)، وإمَّا بدونه، ثمَّ يردُّ إليها ما خرج منها. وجَعَلها سبحانه كِفاتًا للأحياء ما داموا على ظهرها، فإذا ماتوا استُودِعَتْهم (٦) في بطنها فكانت كِفاتًا لهم؛ تَضُمُّهم على ظهرها أحياءً وفي بطنها أمواتًا، فإذا كان يومُ الوقت المعلوم وقد أثقَلَها الحَمْلُ وحانَ وقتُ
(١) (د، ق، ت، ح): «على كلامه». (٢) (ق، ت، د): «السهول والوعور». (٣) (ن): «بكل شيء». (٤) كذا في الأصول. ولعلها: الهيأة. وفي (ط): «المثابة». (٥) (ت): «بعلمه». (ح، ن): «بعملهم». (٦) (ق، د): «استودعهم».

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