Alors, laisse donc de côté le mont Untel, le mont des fils de Tel, et tel autre mont (1).
Prends ce que tu vois et délaisse ce dont tu n’as fait qu’entendre parler ; l’éclat du soleil te dispense bien de Saturne (2).
Or la montagne sait qu’un rendez-vous l’attend : viendra un jour où elle sera pulvérisée, puis réduite à de la laine cardée (3) sous l’effet de la frayeur et de la majesté de cet instant ; elle vit donc dans la crainte de ce terme et l’attend avec appréhension.
Lorsque Umm ad-Dardâ’ ﵂ voyageait et gravissait une hauteur, elle disait à ceux qui l’accompagnaient : « Faites entendre aux montagnes ce que leur Seigneur leur a promis. » — « Que dois-je leur faire entendre ? » demandaient-ils. Elle répondait alors : « Et ils t’interrogent au sujet des montagnes. Dis : “Mon Seigneur les pulvérisera complètement (105), Il les laissera comme une plaine parfaitement nivelée (106) où tu ne verras ni creux ni bosse.” » [Tâhâ : 105-107] (4).
Telle est donc la condition des montagnes, ces blocs de roche si durs : les voici pourtant qui s’amollissent, s’effraient et s’écrasent devant la majesté et la grandeur de leur Seigneur. Leur Créateur et Formateur a, en effet, déclaré que, s’Il faisait descendre Sa parole sur elles, elles se soumettraient et se fendraient sous l’effet de Sa crainte.
Qu’il est étonnant, alors, qu’un simple morceau de chair se montre plus dur que ces montagnes ! Il entend (5) les versets d’Allah récités devant lui et l’on y mentionne le Seigneur ﷻ, mais il ne s’attendrit pas, ne s’humilie pas et ne revient pas vers Lui (6) —