Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

leurs lits et tout ce qui se trouvait sur leur passage ; elles tiennent donc lieu, pour les habitants, de barrage et de digue (1).
Parmi leurs bienfaits encore : elles servent de repères grâce auxquels on s’oriente sur les routes, à l’image de balises dressées pour indiquer le chemin (2). C’est à ce titre qu’Allah les a qualifiées d’« repères », lorsqu’Il dit : « Parmi Ses signes figurent les navires qui voguent sur la mer, pareils à d’imposants monts » (ash-Shûrâ, 32). Le terme al-jawârî désigne les navires, tandis que al-a‘lâm renvoie aux montagnes, au singulier ‘alam.
Al-Khansâ’ a dit (3) :
« Oui, Ṣakhr est un guide vers qui se tournent les conducteurs ;
on le croirait un mont dont la cime est embrasée. »
Ainsi la montagne est-elle appelée ‘alam, parce qu’elle est un signe apparent.
Autre bienfait encore : les plantes médicinales et remèdes qui poussent dans les massifs, et qu’on ne trouve pas dans les plaines ni sur les étendues sablonneuses, tout comme ce qui germe dans les plaines et les sables ne trouve pas d’équivalent dans les montagnes. Dans chacune de ces zones résident des bienfaits et des sagesses que seul le Créateur, l’Omniscient, embrasse (4).

(1) Terme qui désigne ce avec quoi l’on colmate une fissure ou l’orifice où jaillit l’eau (cf. Lisan al-arab, racine skr). Dans les manuscrits D, Q, T et N, il a été déformé en « wa-s-sakan ». Voir l’emploi qu’en fait l’auteur dans Madarij (1/191) et ‘Iddat as-sabirin, p. 111. (2) Cela renvoie-t-il à la pose, à l’époque de l’auteur, de bornes et de signes routiers destinés à guider les voyageurs ? Voir à ce sujet : Rihla d’Ibn Battuta, IV, 22. (3) Extrait d’une pièce éloquente composée pour pleurer la mort de son frère ; cf. son Diwan, p. 49 ; al-Ta‘azi wa-l-marathi, p. 100, et d’autres sources. (4) Le manuscrit T lit : « al-wahid al-khallaq al-‘alim » (l’Unique, le Créateur, l’Omniscient).
مجاريها ما مرَّت به؛ فتكون لهم بمنزلة السَّدِّ والسِّكْر (١). ومن منافعها: أنها أعلامٌ يُسْتَدلُّ بها في الطُّرقات، فهي بمنزلة الأدلَّة المنصوبةِ المرشدَة إلى الطُّرق (٢)، ولهذا سمَّاها الله أعلامًا؛ فقال: ﴿وَمِنْ آيَاتِهِ الْجَوَارِ فِي الْبَحْرِ كَالْأَعْلَامِ﴾ [الشورى: ٣٢]، فالجواري: هي السُّفن، والأعلامُ: الجبال؛ واحدُها عَلَم. قالت الخنساء (٣): وإنَّ صَخْرًا لتأتمُّ الهُداةُ به ... كأنه عَلَمٌ في رأسِه نارُ فسُمِّي الجبلُ عَلَمًا من العلامة والظُّهور. ومن منافعها أيضًا: ما ينبتُ فيها من العقاقير والأدوية التي لا تكونُ في السُّهول والرمال، كما أنَّ ما ينبتُ في السُّهول والرمال لا ينبتُ مثلُه في الجبال، وفي كلٍّ من هذا وهذا منافعُ وحِكَمٌ لا يحيطُ بها إلا الخلَّاقُ العليم (٤).
(١) وهو ما يُسَدُّ به الشقُّ ومُنفَجَر الماء. «اللسان» (سكر). وتحرفت في (د، ق، ت، ن) إلى: «والسكن». وانظر استعمال المصنف له في «المدارج» (١/ ١٩١)، و «عدة الصابرين» (١١١). (٢) هل في هذا إشارةٌ إلى نصب الناس في عهد المصنف علاماتٍ وإشاراتٍ على الطرق تهدي المسافرين؟!. وانظر: «رحلة ابن بطوطة» (٤/ ٢٢). (٣) من كلمةٍ بليغةٍ في رثاء أخيها. ديوانها (٤٩)، و «التعازي والمراثي» (١٠٠)، وغيرهما. (٤) (ت): «الواحد الخلاق العليم».

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