Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

en tirer profit ; et, si elle avait été d’une sécheresse excessive — telle la pierre ou le fer (1) — il n’eût été possible ni de la labourer ni de la cultiver, ni de la fendre ni de l’entailler, ni d’y creuser des sources, ni d’y bâtir quoi que ce soit. Elle se trouve donc moins dure que la pierre tout en dépassant la mollesse de l’argile ; par le décret de son Seigneur et Créateur (2), elle a revêtu la forme la plus parfaite qu’ait connue le berceau des êtres vivants (3), équilibre idéal entre souplesse et sécheresse, grâce auquel toutes les utilités ont pu s’y établir.
Section (4)
Réfléchis ensuite à la sagesse profonde qui a voulu que le versant nord de la terre (5) soit plus élevé que le versant sud (6). La raison en est que les eaux puissent s’écouler à la surface du sol : elles l’abreuvent et l’irriguent, puis débordent pour se déverser dans la mer (7). De même qu’un constructeur, lorsqu’il dresse un toit, relève un côté et en abaisse l’autre afin d’en faire l’exutoire des eaux — car, s’il le laissait parfaitement plat, l’eau y stagnerait et le détériorerait —, de même l’extrémité nord de chaque contrée a été établie plus haute que son extrémité sud (8). Sans cette inclinaison, l’eau demeurerait immobile (9) à la surface de la terre ; elle empêcherait les hommes d’œuvrer et d’en tirer profit, couperait routes et chemins et nuirait aux créatures.

(1) Les mots «wa-l-hadid» (et le fer) n’apparaissent pas dans les manuscrits N et H. (2) Le manuscrit T porte : «rabbaha wa khaliqaha wa fâtiraha» (son Seigneur, son Créateur et son Originateur). (3) Les manuscrits Q et D lisent : «mihâdan li-l-hayawân» (un berceau pour les êtres vivants). (4) Al-Dalâʾil wa-l-Iʿtibâr, p. 13 ; Tawḥîd al-Mufaḍḍal, p. 91-92. (5) C’est-à-dire : la terre. (6) Voir l’explication de ce passage dans Bihâr al-Anwâr, 57/89. (7) Les manuscrits N, T et H donnent «tatatadahar» (se déversent), tandis que la leçon adoptée suit D, Q, R et Ḍ. (8) Manuscrits N et H : «jaʿalat» ; T : «fa-jaʿalat». (9) Manuscrits R et Ḍ : «mutahayyiran» (perplexe).
الانتفاع بها، ولو أفرطَت في اليُبْس ــ كالحجر والحديد (١) ــ لم يمكن حرثُها ولا زرعُها، ولا شَقُّها ولا فَلْحُها، ولا حفرُ عُيونها ولا البناءُ عليها؛ فنَقَصَت عن يُبْس الحجارة وزادت على لُيونة الطِّين، فجاءت بتقدير ربها وفاطرها (٢) على أحسن ما جاء عليه مِهادُ الحيوان (٣) من الاعتدال بين اللِّين واليُبوسة، فتهيَّأ عليها جميعُ المصالح. فصل (٤) ثمَّ تأمَّل الحكمةَ البالغةَ في أنْ جَعَل مَهَبَّ الشَّمال عليها (٥) أرفعَ من مَهَبِّ الجنوب (٦)، وحكمةُ ذلك أن تنحدر (٧) المياهُ على وجه الأرض فتسقيها وترويها ثمَّ تفيض فتصبَّ في البحر؛ فكما أنَّ الباني إذا رفعَ سطحًا رفعَ أحد جانبيه وخَفَض الآخرَ ليكون مصبًّا للماء، ولو جعله مستويًا لقام عليه الماءُ فأفسده، كذلك جُعِل (٨) مَهَبُّ الشَّمال في كلِّ بلدٍ أرفعَ من مَهَبِّ الجنوب، ولولا ذلك لبقي الماءُ واقفًا (٩) على وجه الأرض، فمنعَ النَّاسَ من العمل والانتفاع، وقطَعَ الطُّرقَ والمسالك، وأضرَّ بالخَلْق.
(١) «والحديد» ليست في (ن، ح). (٢) (ت): «ربها وخالقها وفاطرها». (٣) (ق، د): «مهاد للحيوان». (٤) «الدلائل والاعتبار» (١٣)، «توحيد المفضل» (٩١ - ٩٢). (٥) أي: الأرض. (٦) انظر شرح المراد بهذا في «بحار الأنوار» (٥٧/ ٨٩). (٧) (ن، ت، ح): «تتحدر». والمثبت من (د، ق، ر، ض). (٨) (ن، ح): «جعلت». (ت): «فجعلت». (٩) (ر، ض): «متحيرا».

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