en tirer profit ; et, si elle avait été d’une sécheresse excessive — telle la pierre ou le fer (1) — il n’eût été possible ni de la labourer ni de la cultiver, ni de la fendre ni de l’entailler, ni d’y creuser des sources, ni d’y bâtir quoi que ce soit. Elle se trouve donc moins dure que la pierre tout en dépassant la mollesse de l’argile ; par le décret de son Seigneur et Créateur (2), elle a revêtu la forme la plus parfaite qu’ait connue le berceau des êtres vivants (3), équilibre idéal entre souplesse et sécheresse, grâce auquel toutes les utilités ont pu s’y établir.
Section (4)
Réfléchis ensuite à la sagesse profonde qui a voulu que le versant nord de la terre (5) soit plus élevé que le versant sud (6). La raison en est que les eaux puissent s’écouler à la surface du sol : elles l’abreuvent et l’irriguent, puis débordent pour se déverser dans la mer (7). De même qu’un constructeur, lorsqu’il dresse un toit, relève un côté et en abaisse l’autre afin d’en faire l’exutoire des eaux — car, s’il le laissait parfaitement plat, l’eau y stagnerait et le détériorerait —, de même l’extrémité nord de chaque contrée a été établie plus haute que son extrémité sud (8). Sans cette inclinaison, l’eau demeurerait immobile (9) à la surface de la terre ; elle empêcherait les hommes d’œuvrer et d’en tirer profit, couperait routes et chemins et nuirait aux créatures.