Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

le lieu qui lui est assigné, où il déverse alors son eau ; puis, après qu’il a été pressuré, entre en action le vent dispersant, qui la dissémine et la répand dans l’air, de sorte qu’elle ne tombe pas d’un seul bloc. Car si la pluie s’abattait d’un seul coup, elle détruirait habitations, bétail et végétation ; aussi la divise-t-il et la réduit-il en gouttes.

Il en va de même des vents qui fécondent arbres et plantes : sans eux, ceux-ci resteraient stériles.

De même encore, des vents qui font avancer les navires ; sans eux, ceux-ci demeureraient immobiles à la surface de la mer.

Parmi leurs autres bienfaits, ils rafraîchissent l’eau, attisent le feu que l’on souhaite allumer et sèchent les objets qu’il faut dessécher.

En somme, la vie de tout ce qui se trouve sur terre – végétaux comme animaux – dépend des vents ; si Allah ne les avait pas asservis à Ses serviteurs, la verdure se flétrirait, les bêtes périraient, la nourriture se gâterait, le monde empesterait et sombrerait dans la corruption.

Ne vois-tu pas que, lorsque le vent se fige (1), surgissent l’angoisse et la tristesse qui, si elles persistaient, détruiraient les vies, affaibliraient les animaux, rendraient les bien portants malades, épuiseraient les malades, abîmeraient les fruits, feraient pourrir les semences et provoqueraient des épidémies dans l’air ?!

Gloire à Celui qui fait souffler les vents, porteurs de Son soulagement et de Sa miséricorde, de Sa bienveillance et de Ses bienfaits, ainsi que l’a dit le Prophète ﷺ au sujet des vents : « Elles font partie du soulagement d’Allah ; elles viennent avec la miséricorde » (2).

(1) Les manuscrits H et N portent : « al-riyah » (les vents). (2) Rapporté par al-Bukhari dans al-Adab al-mufrad, n° 720 ; Abu Dawud, n° 5097 ; Ibn Majah, n° 3727, et d’autres, d’après Abu Hurayra. Ibn Hibban l’a déclaré authentique (n° 1007, 5732), de même qu’al-Hakim (4/235) sans que al-Dhahabi ne s’y soit opposé. Ibn Hajar l’a également jugé sahih dans al-Nataij, comme le rapporte al-Futuhat al-rabbaniyya (4/272). Voir aussi : ‘Ilal al-Daraqutni (2/90 ; 8/276).
حيث أُمِر فيُفرِغُ ماءه هنالك، ثمَّ سُخِّرت له بعد إعصاره المُفرِّقةُ التي تبثُّه وتفرِّقُه في الجوِّ فلا ينزلُ مجتمعًا، ولو نزل جملةً لأهلَك المساكنَ والحيوانَ والنَّبات، بل تفرِّقُه فتجعلُه قَطْرًا. وكذلك الرياح التي تَلْقَحُ الشجرَ والنَّباتَ ولولاها لكانت عقيمًا. وكذلك الرياح التي تسيِّر السُّفن ولولاها لوقفَت على ظهر البحر. ومن منافعها: أنها تبرِّدُ الماء، وتُضْرِمُ النارَ التي يرادُ إضرامُها، وتجفِّفُ الأشياءَ التي يحتاجُ إلى جفافها. وبالجملة؛ فحياةُ ما على الأرض من نباتٍ وحيوانٍ بالرياح؛ فإنه لولا تسخيرُ الله لها لعباده لذَوَى النَّبات، ومات الحيوان، وفسدَت المطاعم، وأنتَن العالمُ وفَسَد. ألا ترى إذا رَكَدَت الريح (١) كيف يحدثُ الكربُ والغمُّ الذي لو دام لأتلفَ النُّفوس، وأسقَمَ الحيوان، وأمرَضَ الأصحَّاء، وأنهَكَ المرضى، وأفسَدَ الثِّمار، وعفَّن الزَّرع، وأحدَثَ الوباءَ في الجوِّ؟! فسبحان من جَعَل هُبوبَ الرياح تأتي برَوْحِه ورحمته، ولُطْفِه ونعمته، كما قال النبيُّ ﷺ في الرياح: «إنها من رَوْح الله، تأتي بالرَّحمة» (٢).
(١) (ح، ن): «الرياح». (٢) أخرجه البخاري في «الأدب المفرد» (٧٢٠)، وأبو داود (٥٠٩٧)، وابن ماجه (٣٧٢٧)، وغيرهم من حديث أبي هريرة. وصححه ابن حبان (١٠٠٧، ٥٧٣٢)، والحاكم (٤/ ٢٣٥) ولم يتعقبه الذهبي. وصححه ابن حجر في «النتائج»، كما في «الفتوحات الربانية» (٤/ ٢٧٢). وانظر: «علل الدارقطني» (٢/ ٩٠، ٨/ ٢٧٦).

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