C’est encore lui qui transporte toutes ces senteurs, quelles qu’elles soient ; il les déplace d’un lieu à l’autre, si bien que le parfum atteint l’homme depuis l’endroit d’où souffle le vent, et de la même manière le son lui parvient (1).
Il est – également – le vecteur (2) de la chaleur et du froid, deux conditions dont dépend la prospérité des animaux comme des plantes.
Réfléchis donc aux bienfaits du vent, à ce qu’il accomplit sur la terre et sur la mer, ainsi qu’aux formes de miséricorde et de châtiment (3) pour lesquelles il a été mobilisé.
Considère encore combien de vents ont été asservis au nuage pour qu’il finisse par déverser la pluie (4) : d’abord le vent excitateur lui est soumis (5), qui le soulève entre le ciel et la terre ; puis vient le vent porteur, qui le charge sur son dos telle une monture portant son outre d’eau; ensuite le vent assembleur est mis à son service, et il réunit (6) ses lambeaux et ses fragments jusqu’à ce qu’ils se rejoignent pour former (7) une seule nappe ; puis survient le vent fécondant, comparable au mâle qui féconde la femelle : il le féconde d’eau, et sans lui le nuage ne serait qu’une masse stérile, dépourvue d’humidité (8). Enfin, le vent convoyeur lui est affecté, qui le pousse et le conduit vers