Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

C’est encore lui qui transporte toutes ces senteurs, quelles qu’elles soient ; il les déplace d’un lieu à l’autre, si bien que le parfum atteint l’homme depuis l’endroit d’où souffle le vent, et de la même manière le son lui parvient (1).
Il est – également – le vecteur (2) de la chaleur et du froid, deux conditions dont dépend la prospérité des animaux comme des plantes.
Réfléchis donc aux bienfaits du vent, à ce qu’il accomplit sur la terre et sur la mer, ainsi qu’aux formes de miséricorde et de châtiment (3) pour lesquelles il a été mobilisé.
Considère encore combien de vents ont été asservis au nuage pour qu’il finisse par déverser la pluie (4) : d’abord le vent excitateur lui est soumis (5), qui le soulève entre le ciel et la terre ; puis vient le vent porteur, qui le charge sur son dos telle une monture portant son outre d’eau; ensuite le vent assembleur est mis à son service, et il réunit (6) ses lambeaux et ses fragments jusqu’à ce qu’ils se rejoignent pour former (7) une seule nappe ; puis survient le vent fécondant, comparable au mâle qui féconde la femelle : il le féconde d’eau, et sans lui le nuage ne serait qu’une masse stérile, dépourvue d’humidité (8). Enfin, le vent convoyeur lui est affecté, qui le pousse et le conduit vers

(1) Les manuscrits H et N lisent : « ta’tihi l-aswat » (les sons lui parviennent). (2) Les manuscrits R et D portent : « al-qabil » (le réceptacle). (3) Le manuscrit T lit : « hayya’an » (elles ont préparé). (4) Le même manuscrit T lit : « amtarat » (elle a plu). (5) al-muthira, al-hamila, al-muallifa, al-laqiha, al-muzjiya et al-mufarriqa sont des appellations du vent correspondant à ses différentes fonctions. (6) Conforme aux manuscrits de base : la consonne finale h est bien conservée. (7) Passage omis dans D ; les manuscrits H et N lisent : « fayasir » (et il devient). (8) al-jaham désigne un nuage sans eau ; voir le dictionnaire Lisân.
وهو الحاملُ لهذه الروائح على اختلافها، ينقلُها من موضعٍ إلى موضع، فتأتي العبدَ الرائحةُ من حيثُ تهبُّ الريح، وكذلك يأتيه الصوت (١). وهو ــ أيضًا ــ الحاملُ (٢) للحرِّ والبرد اللذَيْن بهما صلاحُ الحيوان والنَّبات. وتأمَّل منفعةَ الريح وما يجري له في البرِّ والبحر، وما هُيِّئت (٣) له من الرحمة والعذاب. وتأمَّل كم سُخِّر للسَّحاب من ريحٍ حتى أَمطَر (٤)؛ فسُخِّرت له المثيرةُ أوَّلًا (٥)، فتُثِيرُه بين السَّماء والأرض، ثمَّ سُخِّرت له الحاملةُ التي تحملُه على مَتْنها كالجمَل الذي يحملُ الرَّاوية، ثمَّ سُخِّرت له المؤلِّفة، فتؤلِّفُه (٦) بين كِسَفِه وقِطَعِه حتى يجتمعَ بعضُها إلى بعضٍ فتصير (٧) طبقًا واحدًا، ثمَّ سُخِّرت له اللاقحةُ بمنزلة الذَّكر الذي يَلْقَحُ الأنثى، فتَلْقَحه بالماء ولولاها لكان جَهَامًا لا ماء فيه (٨)، ثمَّ سُخِّرت له المُزْجِيَةُ التي تُزْجِيه وتَسُوقُه إلى
(١) (ح، ن): «تأتيه الأصوات». (٢) (ر، ض): «القابل». (٣) (ت): «هيأن». (٤) (ت): «أمطرت». (٥) المثيرة، والحاملة، والمؤلِّفة، واللاقحة، والمُزْجِية، والمفرِّقة= من أسماء الرياح بحسب وظائفها. (٦) كذا في الأصول، بإثبات الهاء. (٧) مهملة في (د). وفي (ح، ن): «فيصير». (٨) الجَهَام: السحاب الذي لا ماء فيه. «اللسان».

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