Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

animaux : ceux-ci n’en éprouvent aucun besoin, contrairement à l’homme ; car, s’il en était privé, les répercussions sur sa subsistance et ses intérêts seraient considérables, tandis que les autres espèces ne la manient ni n’en tirent profit.

Parmi les nombreux avantages du feu, signalons une particularité (1) de faible apparence mais d’une utilité immense : la lampe (2) que les gens allument et grâce à laquelle ils s’acquittent, durant la nuit, des tâches qu’ils désirent. Sans ce bienfait, les hommes passeraient la moitié de leur existence (3) dans la condition de ceux qui reposent dans les tombes ; qui donc pourrait écrire, coudre, fabriquer ou gérer quoi que ce soit dans l’obscurité épaisse de la nuit ? Et que deviendrait celui qu’une douleur surprendrait au cœur de la nuit, ayant besoin d’un pansement (4), d’un remède, d’une saignée ou de toute autre intervention (5) ?

Considère ensuite cette flamme portée par la mèche de la lampe : bien que son essence soit infime, elle éclaire tout ce qui t’entoure, de sorte que tu distingues aussi bien le proche que le lointain. Réfléchis encore : quand bien même tous les êtres concevables (6) de la création d’Allah viendraient y puiser, elle ne s’éteindrait pas, ne s’épuiserait pas et ne faiblirait pas.

Quant aux bienfaits du feu pour la cuisson des aliments et des préparations médicinales, ainsi que pour le dessèchement de ce dont l’usage n’est possible qu’une fois sec

(1) Le manuscrit D porte «khalqa», lecture fautive ; la leçon correcte est confirmée dans al-Bihar, vol. 57, p. 89. (2) Le manuscrit T lit : «wa hiya hadhihi allati fi», tandis que D donne : «wa hiya hadha». (3) Le manuscrit D, ainsi que Bihar al-Anwar (vol. 3, p. 123 ; vol. 57, p. 89), ont «taṣrif aʿmārihim», lecture erronée. (4) Le terme ḍamad désigne initialement la bande que l’on attache autour d’un membre malade, puis, par extension, l’application d’un médicament sur une plaie, même sans bandage (Lisān, s.v. ḍmd). Dans les manuscrits H et N, il a été corrompu en «ḍiyāʾ». (5) Les manuscrits R et D lisent : «fa-ḥtāja an yuʿālija ḍimādan aw sufūfan aw shayʾan yastašfī bih» («il dut donc le soigner par un cataplasme, une poudre ou tout autre remède»). (6) Les manuscrits N et H portent «yuʿriḍ» ; T a «nufriḍ» ; dans D, la première consonne est omise.
الحيوانات، فلا حاجةَ بالحيوان إليها، بخلاف الإنسان؛ فإنه لو فَقَدها لعَظُمَ الدَّاخلُ عليه في معاشه ومصالحه، وغيرُه من الحيوانات لا يستعملُها ولا يتمتَّعُ بها. وننبِّهُ من مصالح النَّار على خَلَّةٍ (١) صغيرة القَدْر عظيمة النفع، وهي في هذا (٢) المصباح الذي يتَّخذُه الناسُ فيقضون به من حوائجهم ما شاؤوا من ليلهم، ولولا هذه الخَلَّة لكان الناسُ نصفَ أعمارهم (٣) بمنزلة أصحاب القُبور؛ فمن كان يستطيعُ كتابةً أو خياطةً أو صناعةً أو تصرُّفًا في ظلمة الليل الدَّاجي؟! وكيف كانت تكونُ حالُ من عَرَض له وجَعٌ في وقتٍ من الليل فاحتاجَ إلى ضِمادٍ (٤) أو دواءٍ أو استخراج دمٍ أو غير ذلك (٥)؟! ثمَّ انظُر إلى ذلك النُّور المحمول في ذُبالة المصباح، على صِغَر جوهره، كيف يضيءُ ما حولك كلَّه فترى به القريبَ والبعيد. ثمَّ انظُر إلى أنه لو اقتَبَس منه كل من يُفْرَض (٦) أو يُقَدَّرُ من خلق الله كيف لا يفنى ولا ينفدُ ولا يضعُف. وأما منافعُ النَّار في إنضاج الأطعمة والأدوية، وتجفيف ما لا يُنتَفعُ إلا
(١) (ض): «خلقة»، تحريف. وعلى الصواب في «البحار» (٥٧/ ٨٩). (٢) (ت): «وهي هذه التي في». (ض): «وهي هذا». (٣) (ض) و «بحار الأنوار» (٣/ ١٢٣، ٥٧/ ٨٩): «تصرف أعمارهم». تحريف. (٤) وهو العصابةُ يُشَدُّ بها العضوُ المريض. ثم قيل لوضع الدواء على الجرح وغيره وإن لم يُشَدَّ. «اللسان» (ضمد). وتحرفت في (ح، ن) إلى: «ضياء». (٥) (ر، ض): «فاحتاج إلى أن يعالج ضمادا أو سفوفا أو شيئا يستشفي به». (٦) (ن، ح): «يعرض». (ت): «نفرض». والحرف الأول مهمل في (د).

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