Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

à leur propos, songe à la manière dont l’un prend la place de l’autre de façon progressive, en laissant le temps nécessaire jusqu’à ce qu’il atteigne son plein développement. S’ils se succédaient brusquement, cela nuirait aux organismes et les détruirait(1), et il en irait de même pour les végétaux, comme lorsqu’un homme sort d’un bain brûlant pour se retrouver aussitôt dans un lieu glacé. Sans la sollicitude, la sagesse, la miséricorde et la bienfaisance divines, rien de tout cela ne serait possible.

Si tu dis : « Cette progressivité et ce délai ne sont dus qu’au ralentissement de la course du soleil dans son ascension et sa descente », on te répondra : « Quelle est donc la cause de ce ralentissement, dans sa descente(2) comme dans son ascension ? » Si tu répliques : « C’est l’éloignement de la distance entre ses points de lever et de coucher », on t’interrogera encore : « Et quelle est la cause de cet éloignement(3) ? » La question te poursuivra inlassablement chaque fois que tu avanceras une cause(4), jusqu’à te mener à l’une des deux conclusions suivantes :

– soit une obstination manifeste, soutenant qu’il ne s’agit que d’un concours fortuit, sans Régisseur ni Artisan ;
– soit la reconnaissance du Seigneur des mondes, l’aveu de Celui qui maintient les cieux et la terre, et l’adhésion au cercle des êtres doués de raison parmi les créatures.

(1) Les manuscrits Q, T et D lisent « wa-ahliha » (« et ses habitants »), tandis que le manuscrit Ḍ porte « wa-asqamaha » (« et la plus malade »). (2) Le manuscrit N a : « al-ibtâ’ wa-l-inkhifad wa-l-irtifa’ » (« le ralentissement, l’abaissement et l’élévation »). (3) Dans la marge des manuscrits D et Q figure cette note : « Il ne peut pas non plus invoquer l’éloignement de la distance ; en effet, la lune la parcourt en un mois et le soleil en une année, conformément à cette claire sagesse divine. » Ce passage n’émane pas de l’auteur ; l’éditeur de l’édition Ṭ l’a inséré dans le texte, et il est absent des manuscrits R et Ḍ. (4) Les manuscrits Q et T donnent « shay’an » (« quelque chose »), tandis que le manuscrit Ḍ propose : « Fa-lâ tazâlu hâdhihi al-mas’ala tarqâ maʿahu ilâ ḥaythu raqiya min hâdhâ al-qawl » (« et cette question ne cesse alors de s’élever avec lui jusqu’au niveau atteint par cette affirmation »).
عليهما، وفكِّر في دخول أحدهما على الآخر بالتَّدريج والمُهْلَة حتى يبلُغ نهايتَه، ولو دَخَل عليه مفاجأةً لأضرَّ ذلك بالأبدان وأهلكها (١) وبالنَّبات، كما لو خرَج الرَّجلُ من حمَّامٍ مُفْرط الحرارة إلى مكانٍ مُفْرطٍ في البُرودة. ولولا العنايةُ والحكمةُ والرَّحمةُ والإحسانُ لما كان ذلك. فإن قلتَ: هذا التَّدريجُ والمُهْلةُ إنما كان لإبطاء سَيْر الشمس في ارتفاعها وانخفاضها. قيل لك: فما السَّببُ في ذلك الإبطاء في الانخفاض (٢) والارتفاع؟ فإن قلتَ: السَّببُ في ذلك بُعْدُ المسافة من مشارقها ومغاربها. قيل لك: فما السَّببُ في بُعْدِ المسافة؟ (٣). ولا تزالُ المسألةُ متوجِّهةً عليكَ كلَّما عيَّنتَ سببًا (٤)، حتى تُفضِي بك إلى أحد أمرين: إمَّا مكابرةٌ ظاهرة، ودعوى أنَّ ذلك اتفاقٌ من غير مدبِّرٍ ولا صانع. وإمَّا الاعترافُ بربِّ العالمين، والإقرارُ بقيُّوم السَّموات والأرضين، والدُّخولُ في زُمرة أولي العقل من العالمين.
(١) (ق، ت، د): «وأهلها». (ض): «وأسقمها». (٢) (ن): «الإبطاء والانخفاض والارتفاع». (٣) في طرَّة (د، ق) هنا التعليقُ التالي: «ولا يمكنه أيضًا أن يقول: بُعْدُ المسافة؛ لأن القمر يقطعها في شهر، والشمس تقطعها في سنة؛ لهذه الحكمة البينة الإلهية». وليس من كلام المصنف؛ وأدخله ناشر (ط) في المتن. ولم يرد في (ر، ض). (٤) (ق، ت): «شيئًا». (ض): «فلا تزال هذه المسألة ترقى معه الى حيث رقي من هذا القول».

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