à leur propos, songe à la manière dont l’un prend la place de l’autre de façon progressive, en laissant le temps nécessaire jusqu’à ce qu’il atteigne son plein développement. S’ils se succédaient brusquement, cela nuirait aux organismes et les détruirait(1), et il en irait de même pour les végétaux, comme lorsqu’un homme sort d’un bain brûlant pour se retrouver aussitôt dans un lieu glacé. Sans la sollicitude, la sagesse, la miséricorde et la bienfaisance divines, rien de tout cela ne serait possible.
Si tu dis : « Cette progressivité et ce délai ne sont dus qu’au ralentissement de la course du soleil dans son ascension et sa descente », on te répondra : « Quelle est donc la cause de ce ralentissement, dans sa descente(2) comme dans son ascension ? » Si tu répliques : « C’est l’éloignement de la distance entre ses points de lever et de coucher », on t’interrogera encore : « Et quelle est la cause de cet éloignement(3) ? » La question te poursuivra inlassablement chaque fois que tu avanceras une cause(4), jusqu’à te mener à l’une des deux conclusions suivantes :
– soit une obstination manifeste, soutenant qu’il ne s’agit que d’un concours fortuit, sans Régisseur ni Artisan ;
– soit la reconnaissance du Seigneur des mondes, l’aveu de Celui qui maintient les cieux et la terre, et l’adhésion au cercle des êtres doués de raison parmi les créatures.