Le poète a fort bien dit (1) :
« À supposer que je m’écrie : “Cette aurore est la nuit”,
le monde entier serait-il donc aveugle à la lumière ?! »
Section (2)
Réfléchis ensuite à Celui qui maintient les cieux et la terre, qui les garde de disparaître, de s’effondrer ou de voir l’un de leurs éléments se paralyser. Qui donc les soutient ? Qui les préserve ? Qui en dirige l’ordre ? Qui les fait subsister ?
Si quelque rouage de cet immense engrenage, de ce vaste jardin, venait à se détraquer, qui le réparerait et le remettrait en état (3) ? Quelle ressource l’ensemble des créatures posséderait-il donc pour lui rendre sa perfection première ?
Si le Régisseur des cieux et de la terre retenait le soleil et plongeait les hommes dans une nuit sans fin, qui pourrait le faire paraître à nouveau et leur apporter le jour ? Et s’Il le clouait à l’horizon sans le faire progresser, qui le mettrait alors en mouvement et leur amènerait la nuit ? Et s’Il ôtait les cieux et la terre (4), qui donc les tiendrait après Lui ?
Section (5)
Réfléchis enfin à cette sagesse suprême qui se manifeste dans la chaleur et le froid, ainsi que dans la subsistance des animaux et des plantes.