dont les engrenages ont été soigneusement mis au point, dont l’assemblage a été réalisé avec la plus grande précision et dont les pièces ont été calibrées de la manière la plus parfaite et la plus subtile, de sorte que l’observateur n’y découvre ni défaut de matière ni imperfection de forme. On l’a installé au milieu d’un vaste verger où se trouvent toutes sortes de fruits et de cultures qu’il irrigue selon leurs besoins. Dans ce verger se tient quelqu’un qui assure son entretien, rassemble ce qui est épars, veille à sa bonne marche, le suit avec attention et pourvoit à tous ses intérêts, si bien qu’aucun désordre ne s’y glisse et qu’aucun de ses fruits ne se perd. Puis, au moment de la cueillette, son intendant (1) répartit la récolte entre les nécessiteux (2) selon l’urgence et le besoin de chacun ; il attribue à chaque catégorie ce qui lui convient et continue cette répartition (3) sans interruption.
Tiendras-tu tout cela pour le simple effet du hasard, sans artisan, sans volonté directrice, sans ordonnateur ? Imagineras-tu que l’existence de cette roue, de ce verger et de tout ce qui s’y trouve se soit produite fortuitement, sans auteur, sans gardien, sans administrateur ?
Dis-moi : qu’en dirait ta raison, si toutefois tu en avais une ? Quel avis te donnerait-elle ? Vers quelle conclusion te conduirait-elle ?
Or, c’est là une manifestation de la sagesse du Puissant, du Sage : Il a créé des cœurs aveugles, dépourvus de clairvoyance ; ils ne perçoivent ces signes éclatants qu’à la manière des bêtes. De même, Il a créé des yeux aveugles, privés de vue : le soleil, la lune et les étoiles sont pleinement visibles (4), mais ils ne les voient pas. Quelle faute incombe donc à ces astres si on les renie et les rejette ?
Ainsi, en pleine clarté du jour, ils proclament : « Voici la nuit ! », tout en affirmant que ceux qui voient n’y comprennent rien !