Et Il a réservé ces versets-ci aux gens doués de raison, car ils sont plus grandioses, plus probants et plus nombreux (1) que les précédents, lesquels ne sont, en comparaison, qu’une porte d’accès à ceux-là. Ainsi, quiconque tire argument de ces signes et leur rend toute la vigueur de leur preuve mérite une qualification supérieure à celle du simple contemplateur : c’est la raison. En effet, la raison se situe un degré au-dessus de la réflexion ; aussi, après les avoir conviés, par le premier verset, à la réflexion, Il les a élevés, par le second — plus éloquent encore —, jusqu’à la raison qui domine la réflexion. Médite donc cela.
Quant à Sa parole, dans le troisième verset : « Il y a certes là un signe pour des gens qui se remémorent », Il emploie le singulier — « un signe » — et le réserve aux gens de la remémoration.
L’emploi du singulier s’explique exactement comme dans le premier verset : tout ce qu’Il a disséminé sur la terre, dans toute sa diversité — gemmes, végétaux, minerais, animaux — partage une même demeure ; il s’agit donc d’une catégorie unique de Ses signes, quand bien même ses espèces et ses formes seraient multiples (2).
Quant au fait qu’Il l’ait réservé aux gens qui se remémorent, la méthode coranique consiste à faire de Ses signes une source de clairvoyance et de rappel. Il dit en effet dans la sourate Qâf : « Nous avons étendu la terre, y avons implanté des montagnes solides et y avons fait pousser de chaque espèce splendide (7) — sujet de clairvoyance et de rappel pour tout serviteur repentant » (Qâf, 7-8). Ici, tabṣira (la clairvoyance) signifie l’intellection (3), et dhikrâ (le rappel) la remémoration ; la réflexion en est la porte d’accès : lorsqu’il réfléchit, l’homme devient clairvoyant ; lorsqu’il devient clairvoyant, il se souvient.
Ainsi, la remémoration apparaît dans ce verset comme venant après la raison, laquelle vient elle-même après la réflexion : Il a placé la réflexion en premier, puisqu’elle est l’entrée et l’amorce ; Il a mis la raison au milieu, car elle est le fruit et le résultat de la réflexion ; et Il a relégué