Quant au fait qu’Il ait réservé ce passage aux « gens de réflexion », c’est que les créatures qu’Il vient d’évoquer — toutes issues de l’eau — appellent précisément la réflexion : il s’agit du regard du cœur et de sa méditation, non d’un simple coup d’œil physique. Celui qui se contente de la vue oculaire n’en retire aucun profit tant qu’il ne la prolonge pas par le regard du cœur, scrutant la sagesse qu’elles recèlent, l’admirable perfection de leur réalisation et l’argument qu’elles offrent en faveur de leur Créateur et Initiateur ; telle est, en vérité, la réflexion même.
S’agissant ensuite de Sa parole — exalté soit-Il — dans le verset suivant : « Il y a certes en cela des signes pour des gens doués d’intelligence », Il emploie le pluriel — « des signes » — parce qu’y sont mentionnés la nuit, le jour, le soleil, la lune et les étoiles : autant de signes multiples, distincts par leur essence, leur création (1) et leurs modalités.
Ainsi, l’obscurcissement du ciel au coucher (2) et l’arrivée de la nuit qui drape le monde tel un vêtement sous lequel les êtres s’apaisent constituent un signe éclatant.
Puis l’irruption de l’armée de lumière, précédée par l’annonciateur de l’aube ; la déroute des troupes de l’obscurité ; l’agitation de la vie qui se répand ; et la disparition complète de ce manteau : voilà un autre signe.
Dans le soleil — signe du jour — se trouve encore un signe ; dans la lune — signe de la nuit — un autre ; dans les étoiles, d’autres signes encore, comme nous l’avons déjà indiqué, auxquels s’ajoutent les signes qui les accompagnent : les vents, leurs variations et tout ce qu’Allah fait advenir par leur intermédiaire — autant de signes supplémentaires.
Le contexte appelle donc l’usage du pluriel.