Section (1)
Réfléchis ensuite à la diversité du parcours des astres et aux merveilles qu’il recèle : tu constates que certains d’entre eux ne se déplacent qu’en compagnie de leurs semblables, sans jamais s’en détacher (3) ; ils ne cheminent qu’ensemble. D’autres, au contraire, suivent une course libre, sans être liés à aucun compagnon, et, s’il leur arrive de partager une station avec l’un d’eux, ils l’accompagnent (4) une nuit pour le quitter la nuit suivante ; il se peut donc que tu les voies soudain voisins et intimes, puis aussitôt séparés, éloignés, comme s’ils ne s’étaient jamais côtoyés.
Ces astres errants présentent, dans leur mouvement, deux trajectoires radicalement différentes : l’une, générale, que leur imprime la sphère qui les porte ; l’autre, propre, qu’ils décrivent à l’intérieur de cette même sphère. On a comparé cela à une fourmi marchant sur une meule tournant vers la gauche (5), tandis que la meule elle-même tourne vers la droite. La fourmi se trouve alors dotée de deux mouvements distincts, orientés vers deux directions opposées : l’un lui appartient en propre, l’autre lui est imposé par la meule, qui l’entraîne vers un sens qu’elle ne visait pas (6). C’est ainsi que, pour chacun de ces astres, le mouvement d’avance (7) dans chaque station se fait vers l’est, tandis que la sphère qui les emporte, avec leur station, se déplace vers l’ouest.