les bienfaits de l’hiver s’évanouiraient ; et si l’année entière n’était qu’hiver, les avantages de l’été se perdraient à leur tour ; il en serait de même si le temps n’était qu’un long printemps, ou un perpétuel automne.
En hiver, la chaleur s’enfonce dans les profondeurs, dans les creux, au cœur de la terre et des montagnes (1) ; de là naissent les matières premières des fruits et autres produits. À la surface, tout se rafraîchit, l’air s’épaissit ; alors se forment les nuages, la pluie, la neige et la grêle, sources de vie pour la terre et ses habitants. Les corps des animaux se durcissent et se fortifient, les forces naturelles augmentent, et ce que la chaleur estivale avait consumé dans les organismes se trouve remplacé.
Au printemps, les humeurs se mettent en mouvement, les substances engendrées durant l’hiver affleurent : la végétation sort de terre, les arbres s’illuminent de fleurs (2), et les animaux s’animent pour la reproduction.
En été, l’air s’enflamme (3) et devient brûlant ; les fruits parviennent à maturité, les déchets corporels et les humeurs épaisses qui s’étaient figées en hiver se dissolvent (4). Le froid se retire et se réfugie dans les profondeurs ; c’est pourquoi les sources et les puits deviennent plus frais, et l’estomac ne parvient plus à digérer les aliments lourds (5) qu’il assimilait en hiver : il les digérait alors grâce à la chaleur demeurant dans l’abdomen, mais, l’été venu, cette chaleur gagne la surface du corps tandis que la fraîcheur se loge à l’intérieur.
Puis, lorsque vient l’automne, le climat s’équilibre, l’air s’épure et se rafraîchit ; l’âpreté de la chaleur en est brisée.