Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Section (1)

Contemple la création du ciel et ramène-y ton regard, encore et encore : tu y verras l’un des plus grands signes par sa hauteur, son élévation, son immensité et sa stabilité. Il ne s’élève pas en flammes comme le feu, il ne s’abaisse pas non plus comme les corps lourds ; aucun pilier ne le soutient par-dessous, nulle attache ne l’accroche par-dessus ; il est plutôt maintenu (2) par la puissance d’Allah, Celui qui retient les cieux et la terre afin qu’ils ne sombrent pas.

Puis considère sa parfaite horizontalité et son équilibre : il n’y a en lui ni fissure, ni fente, ni lézarde, ni excroissance, ni la moindre courbure.

Réfléchis encore à la teinte dont il a été revêtu, la plus belle des couleurs et la plus conforme à la vue, la plus propre à la fortifier. Lorsqu’une affection nuit à la vision, on prescrit de fixer longuement la verdure et les teintes voisines du vert sombre ; les médecins soutiennent que celui dont les yeux se fatiguent trouvera remède en demeurant à regarder une bassine (3) verte remplie d’eau (4).

Considère donc comment Il a donné à la voûte céleste cette couleur, afin de retenir les regards qui s’y promènent (5) et de ne pas les irriter (6) malgré la durée de leur exposition.

(1) Dalāʾil wa-l-Iʿtibār, p. 3 ; Tawḥīd al-Mufaḍḍal, p. 78. (2) C’est ainsi que le mot figure dans les manuscrits de référence ; on le rencontre chez les auteurs tardifs, mais il s’agit d’un néologisme. La forme classique est mumsaka (« retenue »). (3) Al-ijjāna : récipient, vase. (4) Voir : Al-Ḥayawān, t. 3, p. 323 ; Al-Qānūn, t. 2, p. 216 ; Al-Muʿtamad, t. 1, p. 216 et 254. On rapporte couramment que contempler la verdure fortifie la vue ; certains l’ont attribué au Prophète, mais cette attribution est infondée. (5) Le manuscrit Q lit : « al-muqbila fīhā » ; le manuscrit Ḍ : « al-mutaqalliba ʿalayh ». (6) C.-à-d. : lui cause un préjudice. Naqāʾ al-qurḥa : « il a écorché l’ulcère avant sa guérison ». Le manuscrit T porte « yatakaffa-hā ». La leçon retenue par les autres sources, le manuscrit Ḍ et Shifāʾ al-ʿAlīl (p. 643) est maintenue. Le manuscrit R lit « yankāʾ ».
فصل (١) تأمَّل خلقَ السَّماء، وارجِع البصرَ فيها كرَّةً بعد كرَّة، كيف تراها من أعظم الآيات في عُلوِّها وارتفاعها وسَعَتها وقرارها، بحيث لا تَصْعَدُ عُلوًّا كالنَّار، ولا تهبطُ نازلةً كالأجسام الثَّقيلة، ولا عَمَدَ تحتها ولا عِلاقةَ فوقها، بل هي ممسوكةٌ (٢) بقدرة الله الذي يُمْسِكُ السَّمواتِ والأرض أن تزولا. ثمَّ تأمَّل استواءها واعتدالها، فلا صَدْعَ فيها، ولا فَطْرَ ولا شَقَّ، ولا أمْتَ ولا عِوَج. ثمَّ تأمَّل ما وُضِعَت عليه من هذا اللَّون الذي هو أحسنُ الألوان وأشدُّها موافقةً للبصر وتقويةً له؛ حتى إنَّ من أصابه شيءٌ أضرَّ ببصره يؤمرُ بإدمان النَّظر إلى الخُضرة وما قَرُبَ منها إلى السَّواد، وقال الأطبَّاء: إنَّ من كَلَّ بصرُه فإنَّه من دوائه أن يُديمَ الاطِّلاع إلى إجَّانةٍ (٣) خضراءَ مملوءةٍ ماءً (٤). فتأمَّل كيف جعَل أديمَ السَّماء بهذا اللون ليُمْسِكَ الأبصارَ المتقلِّبة فيه (٥) ولا يَنكَأ فيها (٦) بطول مباشرتها له.
(١) «الدلائل والاعتبار» (٣)، «توحيد المفضل» (٧٨). (٢) كذا في الأصول، وتقع في كلام المتأخرين، وهي محدثة، والجادة: مُمْسَكة. (٣) الإجَّانة: إناء. (٤) انظر: «الحيوان» (٣/ ٣٢٣)، و «القانون» (٢/ ٢١٦)، و «المعتمد» (١/ ٢١٦، ٢٥٤). ومن مشهور الأخبار: أن النظر إلى الخضرة يزيد في البصر، ورفعه بعضهم إلى النبي ﷺ، ورفعُه باطل. (٥) (ق): «المقبلة فيها». (ض): «المتقلبة عليه». (٦) أي: يؤذيها. نكَأ القرحة: قَشَرها قبل أن تبرأ. وفي (ت): «يتكافها». والمثبت من باقي الأصول و (ض) و «شفاء العليل» (٦٤٣). (ر): «ينكى».

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