Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

elle s’y fraie un passage et, arrachée de sa source et de son centre, s’élève vers le haut ; puis elle s’écoule dans ces conduits selon leur aptitude, leur ampleur ou leur étroitesse ; ensuite elle se divise, se ramifie et s’affine jusqu’à un point que la vue ne peut plus atteindre.

Considère ensuite la formation du fruit dans l’arbre et les étapes (1) qu’il traverse d’un état à l’autre, semblables aux métamorphoses de l’embryon caché aux regards ; tu y verras des merveilles stupéfiantes. Béni soit donc Allah, Seigneur des mondes, le Meilleur des créateurs.

Un instant, tu n’aperçois qu’un morceau de bois dressé, nu, sans aucun vêtement ; puis son Seigneur et Créateur l’habille d’une parure de fleurs, la plus belle qui soit. Il lui retire ensuite cette parure et la revêt de feuilles, un vêtement plus durable que le premier. Puis Il y fait poindre le fruit, encore faible et minuscule, après avoir fait sortir ces feuilles comme protection et manteau pour ce fruit fragile, afin qu’il s’abrite (2) de la chaleur, du froid et des fléaux. Il achemine alors jusqu’à ces fruits leur subsistance, les nourrit à travers ces veines et ces canaux ; ils s’en alimentent comme l’enfant tète le lait de sa mère. Ensuite Il les élève, les fait croître peu à peu, jusqu’à ce qu’ils atteignent leur pleine maturité et leur perfection ; et voilà qu’Il tire de ce bois inerte une récolte savoureuse et tendre.

Tels sont quelques-uns des signes d’Allah ; or combien Il en possède dans tout ce que les sens peuvent percevoir, comme dans ce que les serviteurs ne perçoivent pas (3) ! Les vies ne suffiraient pas à les recenser ni à en embrasser tous les détails.

Section

Parmi Ses signes — exalté soit-Il — figurent la nuit et le jour ; ils comptent parmi Ses signes les plus étonnants et les plus merveilleuses manifestations.

(1) Les manuscrits Qâf, Tâ et Dâl lisent : « wa-taqallubihi » (et son alternance). (2) Le manuscrit Tâ porte : « li-tastajinna bihi » (afin de s’y abriter) ; les manuscrits Hâ’ et Nûn : « li-tasjâ bihi » (afin d’être couverts par lui). (3) Le manuscrit Tâ donne : « wa-mâ lâ tubsiru bihi » (et ce que l’on ne peut percevoir par lui).
اجتذابه من مقرِّه ومركزه إلى فوق، ثمَّ ينصرفُ في تلك المجاري بحسب قبولها وسَعَتها وضيقها، ثمَّ تتفرَّقُ وتتشعَّبُ وتَدِقُّ إلى غايةٍ لا ينالها البصر. ثمَّ انظر إلى تكوُّن حَمْل الشجر ونُقْلَتِه (١) من حالٍ إلى حال، كتنقُّل أحوال الجنين المغيَّب عن الأبصار، ترى العجبَ العُجاب؛ فتبارك الله ربُّ العالمين وأحسنُ الخالقين. بَيْنا تراها حَطبًا قائمًا عاريًا لا كسوة عليها، إذ كساها ربُّها وخالقُها من الزَّهْر أحسنَ كسوة، ثمَّ سَلَبَها تلك الكسوةَ وكساها من الوَرَق كسوةً هي أثبتُ من الأولى، ثمَّ أطلَع فيها حَمْلَها ضعيفًا ضئيلًا، بعد أن أخرَج ورقَها صيانةً وثوبًا لتلك الثَّمرة الضعيفة، تستَجِنُّ به (٢) من الحرِّ والبرد والآفات، ثمَّ ساق إلى تلك الثِّمار رزقَها، وغذَّاها في تلك العُروق والمجاري، فتغذَّت به كما يتغذَّى الطفلُ بلبان أمِّه، ثمَّ ربَّاها ونمَّاها شيئًا فشيئًا حتى استوت وكَمُلَت وتناهى إدراكُها، فأخرَج ذلك الجَنى اللذيذَ الليِّن من تلك الحطَبة الصَّمَّاء. هذا، وكم لله من آيةٍ في كلِّ ما يقعُ الحسُّ عليه ويبصرُه العبادُ وما لا يبصرُونه (٣)، تفنى الأعمارُ دون الإحاطة بها وبجميع تفاصيلها. فصل ومن آياته ﷾: الليلُ والنَّهار، وهما من أعجب آياته وبدائع
(١) (ق، ت، د): «وتقلبه». (٢) (ت): «لتستجن به». (ح، ن): «لتسجى به». (٣) (ت): «وما لا تبصر وبه».

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